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Un flux d'octets en provenance de la France australe, organisés chronologiquement en une collection d'observations, de réflexions, de liens en rapport avec mes centres d'intêrets. (About)

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Dimanche 26 Octobre 2008

Seiziéme diagonale des fous: j'ai survécu - LSZ

Départ Grand Raid 2008

Impressions à chaud :
Superbe traversée malgré la pluie, le brouillard et un tronçon ultra boueux, limite dangereux, entre Dos d'Ane et le Colorado (du jamais vu de l'avis de tous). Surpris par un Mare à Boue qui pour une fois portait bien mal son nom. Superbe tracé dans Mafate (comme d'hab ...). Arrivée à La Redoute aprés 47 heures et 21 minutes de galére (un peu) et de plaisir (beaucoup plus). Douche froide à La Redoute (aprés un Grand Raid, on ne s'arrête plus à ce genre de détail), où je croise un certain Jalabert qui a l'air d'être un type plutôt cool.

Rendez-vous pour la 17ème édition si tout va bien.



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Mercredi 17 Octobre 2007

Quinziéme diagonale des fous: J-1 - LSZ

Départ Grand Raid 2006

Voilà, j'ai récupéré mon dossard cet aprés midi. Celà devient presque un rituel. Demain, pour la quatriéme année consécutive, j'ai prévu de m'offrir une cinquantaine d'heures de folie entre St Philippe et St Denis.

Celà commencera comme sur la photo ci-contre: à minuit pétante, entraîné par le rythme effréné de 2500 autres "gazés", je m'élancerai comme un fou sur la RN 2. C'est exactement comme ça que que se dérouleront les deux ou trois premiers kilométres.
Aprés, une seule certitude, ce sera plus calme, bien plus calme.


Maj 21 octobre: complètement à côté d'mes godasses !
Les derniers raideurs arriveront dans une heure. Pour ma part, je suis passé complétement à côté de cette 15ème diagonale, et j'ai jeté l'éponge au pied du Taïbit vendredi soir, complétement épuisé. A posteriori, j'éprouve évidemment une immense déception. L'année prochaine si tout va bien, et si j'ai la chance de récupérer un dossard, nul doute que je prendrai le départ de la 16ème édition avec une motivation à la hauteur de la déception rencontrée.

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Dimanche 7 Octobre 2007

Vous reprendrez bien un petit HAKA - LSZ

Juste pour le plaisir ....



"Ça vous a plu, hein ? On a pris la décision il y a deux trois jours ensemble. On ne cherchait pas la provocation parce qu'on a beaucoup de respect pour le Haka mais simplement en affichant nos couleurs, on voulait montrer qu'on existait et qu'on était fiers de nos couleurs".

Raphael Ibanez

Samedi 26 Mai 2007

stockbanddonné - LSZ

stockbanddonné

Stockbanddonné, et alors ...
mais faudrait voir pourquoi ce site devrait être stockbanddonné ?
Pour être le premier site réunionnais participant à un concours de positionnement et de référencement ? Non, déjà fait !
Pour stocker toutes mes données (stockbanddonné) sur l'un des disques durs externes promis aux trois premiers? Non, aucune chance d'être parmi les trois premiers à être stockbanddonné !
Juste pour voir ? Oui c'est peut-être ça, juste pour voir, essayons d'être stockbanddonné juste pour voir !



Maj 22h54: premier à être référencé sur Google , en moins de trois heures...
eh, eh :-)

stockbanddonné

Jeudi 12 Avril 2007

La Fournaise vue du ciel - LSZ

5 avril 2007, 705 km au dessus de l'Océan Indien, le satellite américain Aqua a capturé cette image montrant le Piton de la Fournaise libérant un panache de cendre et de vapeur qui souffle à l'ouest au-dessus de l'océan, s'étendant et se mélangeant avec des nuages pendant qu'il disparaît.


Vendredi 6 Avril 2007

Incertitude au piton de la Fournaise - LSZ



Voici ce qui a été enregistré au sommet
du volcan le 6 avril, de 17h20 à 17h35
par la webcam de Piton Partage [Source]
Spectacle étrange et fascinant ce soir au sommet du volcan, au dessus duquel on peut observer un très impressionnant et très inhabituel nuage en forme de champignon. A la base, on observe une masse très sombre, faite de nuages déchiquetés chapotant le volcan. Au dessus s'étend une très imposante colonne de nuages compactes très blancs s'élevant haut dans le ciel selon des mouvements turbulents rapides et parfaitement visibles malgré la vingtaine de kilométres qui me séparent du lieu de l'éruption. Le sommet de ce champignon est coiffé d'une sorte de voile fin, formant des bandes rectilignes s'étendant horizontalement en longues traînées recourbées. Selon toute vraisemblance, il s'agirait du panache de vapeur généré par l'importante coulée de lave qui se déverse actuellement dans l'océan. Pendant ce temps, le cratére Dolomieu serait en cours d'effondrement. Ce scénario s'est déjà produit dans l'histoire récente du piton de la Fournaise, et s'accompagne classiquement d'une éruption phréatique: "L'eau s'infiltre dans les zones chaudes suite à l'effondrement, il y a vaporisation et explosion avec projection de blocs. Ainsi en 1986, des blocs ont été retrouvés sur tout le pourtour du sommet." [Le volcan s'effondrera - Patrick Bachèlery]


Maj 7 Avril: Le Dolomieu s'est effondré [Lire].

Le cratére Dolomieu avant l'effondrement Le cratére Dolomieu aprés l'effondrement
Le cratére Dolomieu avant et aprés l'effondrement (Source OVPF)



Samedi 4 Novembre 2006

Le plagiat, ça me gave grave - LSZ

Mon document sur la chikungunya a beaucoup de succès. Enormément de lecteurs, beaucoup de retour par mail, mais aussi de nombreuses reproductions littérales sur divers sites web, en dépit de la notice interdisant toute reproduction sans mon autorisation.
Il y a trois semaines, je découvrais même une publication parue dans le numéro de septembre de la revue du praticien - médecine générale, dont une partie significative n'était qu'un copier-collé de mon document. J'ai bien entendu adressé un petit mot d'étonnement et de protestation à l'auteur, mais à ce jour, il n'a pas daigné me répondre.
Il y a deux jours, je découvrais à nouveau une partie de mon document reproduit partiellement sur le tout nouveau site officiel chikungunya.gouv.fr. J'ai là aussi envoyé un email de protestation: toujours aucune réponse.
Celà ne me gêne pas nécessairement d'être reproduit littéralement. Je n'ai pas non plus la prétention de détenir une information originale sur le sujet. Pour autant, il n'est pas acceptable que certains "professionnels" peu scrupuleux s'approprient mon travail ... et ignorent complétement mes protestations. Ils ont tort. S'il est rare que l'on apprécie d'être plagié, il est encore plus rare que l'on apprécie d'être pris pour un idiot.

Jeudi 19 Octobre 2006

Départ du Grand Raid 2006: H-6 - LSZ

Si vous lisez ce blog entre le 20 et le 22 octobre, ayez une pensée émue pour son auteur qui s'efforcera d'avancer en diagonale entre Saint-Philippe et Saint-Denis.
Vos encouragements sont bienvenus dans les commentaires que j'aurai plaisir à lire à mon retour, revêtu comme il se doit d'un magnifique tee-shirt jaune (les fous et les initiés comprendront ...).

Maj 23 Octobre: J'ai récupéré mon tee-shirt jaune au terme d'une superbe traversée de 48h 12mn 31s. De nombreuses photos de cette diagonale 2006 seront prochainement en ligne.

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Lundi 16 Octobre 2006

Prix Ig Nobel de médecine 2006 - LSZ

Prix Ig Nobel 2006

Le Dr Francis Fesmire, médecin urgentiste responsable du Centre d'Urgence Cardiaque du Erlanger Medical Center, Chattanooga, Tennessee, vient de recevoir le prix Ig Nobel de médecine 2006 pour son article "Termination of Intractable Hiccups with Digital Rectal Massage" (Arrêt d'un hoquet incoercible par massage rectal) publié en 1988 dans les "Annales de la Médecine d'Urgence" , ça ne s'invente pas :-) !!!
Dans un entretien accordé à CNN, il explique les circonstances de sa découverte:
"Je savais que cette manoeuvre pouvait être utilisée pour ralentir la fréquence cardiaque en stimulant le nerf vague (X). Ce nerf, en étant stimulé, peut stopper un hoquet. J'ai vu ce patient qui avait un hoquet incoercible. J'ai tenté d'autres manoeuvres, et puis j'ai mis mon doigt dans son anus", raconte le Dr Fesmire, soulignant qu'il s'agissait du traitement de dernier recours. "Est-ce que je recommencerai ? Non ! Je suis quelqu'un de sérieux, et quelquechose que j'ai écrit il y 20 ans revient me hanter. J'espére vraiment que l'on se souviendra de moi pour mes recherches en cardiologie."
L'article ne dit pas si l'auteur a enfilé une queue de pie pour recevoir son prix, mais il n'est pas sûr que sa récompense ait eu moins d'écho médiatique que celle attribuée aux deux récipiendaires du prix nobel de médecine 2006.

Vendredi 13 Octobre 2006

Quatorziéme diagonale des fous: J-6 - LSZ

Grand Raid 2006

Il y a un paquet de tarés à La Réunion. Tous les ans, il ont pris l'habitude de se rassembler aux aurores dans une petite ville du sud-est de l'île, avec l'idée obsédante de rejoindre au plus vite et à pieds l'autre extrémité de l'île. Une mystérieuse fascination les poussent ainsi à s'élancer dans l'ascension d' un volcan prêt à leur péter à la gueule à tout moment, à franchir 5 crêtes avoisinant les 2000 mètres d'altitude, à grimper, à marcher sans arrêt pendant des heures dans le relief tourmenté et chaotique des Hauts de l'île, à avoir chaud le jour, à avoir froid la nuit, à finir par ne plus savoir si ils ont chaud ou froid, à avoir sommeil, à avoir mal aux pieds puis presque partout, pour finalement retrouver l'Océan Indien au terme d'une diagonale de 140 km.
Pendant des mois ils se sont préparés. Les dimanches matins, ils se lévent aux aurores, puis, chargés comme un baudet, ils partent crapahuter dans les montagnes pour se faire du muscle et des bobos. A moins d'une semaine de leur grand rassemblement, ils ne pensent plus qu'à ça. Pendant une semaine, ce sera riz ou pâtes à chaque repas.
Quel est l'interêt à faire celà ?
Si celà vous intéresse, lisez ceci.

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Jeudi 12 Octobre 2006

Un nouveau symptôme du chikungunya: le plagiat - LSZ

Le libre accés à une information disponible sur le net ne signifie pas pour autant que cette information soit libre de droit. Pourtant, qui n'a jamais été tenté de recopier une information glanée de-ci de-là sur la toile. C'est une pratique trés courante, allant du simple droit de citation à l'inspiration, l'imitation et parfois le plagiat.
Depuis plus d'un an maintenant, j'ai mis à disposition sur ce site, à travers un document de synthése sur le chikungunya, les résultats d'une lecture longue et trés approfondie des données de la littérature sur le sujet. Ce document comporte un certain nombre d'informations générales que l'on peut retrouver un peu partout, mais aussi pour certaines assez originales. Il a suscité l'interêt et souvent les louanges de trés nombreux lecteurs, parmis lesquels des scientifiques ou médecins du monde entier, qui m'en ont fait part par email. Il a aussi "inspiré" un certain nombre de site web, voire d'auteurs, qui ont souvent oublié de citer la source originale. Certains n'ont pas hésité à recopier entièrement ou partiellement des extraits de ce document, feignant (le mot me semble trés approprié) d'en être l'auteur.
Ce jour, en lisant le numéro du mois de septembre d'une revue spécialisée, je découvre un article sur le chikungunya rédigé par des confrères réunionnais, qui me laisse un sentiment de déjà vu. Pas de doute, ce sont bien des phrases entiéres de mon document qui sont reprises dans le corps de cet article, mais sans le citer. Je pourrais en être flatté, pourtant j'ai bien du mal à comprendre comment on peut ainsi s'approprier le travail d'autrui en le faisant passer pour sien, qui plus est dans une publication à caractére scientifique. Je me pose aussi la question de savoir si ces auteurs ont pris autant de soin à vérifier la qualité de ces informations "copiées-collées", qu'ils en ont eu à se les approprier ?
J'ai adressé un petit mot à l'un des auteurs et attend sa réponse.
Il n'y a peut-être pas de quoi fouetter un chat, qu'en pensez-vous ?

Maj 15 Octobre: L'information est reprise sur Global Voices Online
Reunion: Chikungunya Plagiarism

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Samedi 5 Août 2006

La diffamation lé en l'air - LSZ

Vous avez peut-être entendu parler de l'affaire http://www.monputeaux.com/, le blog d'un habitant de Puteaux poursuivi pour diffamation pour avoir commenté sur son site un article paru dans le Parisien, mettant en cause la mairie dans une affaire d'attribution de marché public. Relaxé aprés deux années de procédures, le blogueur qui a su s'attirer la sympathie et le soutien d'une grande partie de la blogosphére francophone, n'en a pas pour autant fini avec cette histoire et doit encore faire face à un pourvoi en Cassation.
Combien de temps faudra-t-il avant qu'un "blog péi" trop (ou pas assez) bien renseigné ne connaisse lui aussi son heure de gloire ? N' y aurait-il pas déjà quelques candidats à vouloir décrocher une médaille en chocolat ?

Maj 11 Août: C'est fait ...
J'eu préféré être moins inspiré. Pourtant, il se sera écoulé moins d'une semaine entre ce billet et celui-ci pour pouvoir juger de l'acuité particuliére de mon talent divinatoire. Fâcheuse perspective que cette plainte pour diffamation dans la blogosphére réunionnaise ...

Dimanche 16 Juillet 2006

Journée internationale de la procrastination - LSZ

C'est aujourd'hui la journée internationale de la procrastination.
J'avais pensé faire un bel article sur la procrastination, mais aujourd'hui c'est dimanche, pas un bon jour pour faire un article informatif sur le sujet. On verra demain ...

Maj 17 juillet: Vous pensiez réellement que j'allais compléter cet article aujourd'hui ?
Bon, OK, alors la procrastination, c'est ... ,
et si vous me disiez ce que vous en pensez ?

Commentaire

Jeudi 15 Juin 2006

Chikungunya: le décollage se confirme - LSZ

En juin 2004, une épidémie d'une maladie aigue fébrile, initialement diagnostiquée comme étant un paludisme, sévissait dans l'île de Lamu au Kenya. Devant l'inefficacité des traitements antipaludéens, des prélévements sanguins furent envoyés au laboratoire de l'USAMRU-K / KEMRI qui identifia une infection par un alphavirus endémique en Afrique tropicale, le chikungunya. L'épidémie était caractérisée par un fort taux d'attaque (= nombre de malades/nombre de personnes exposées); les études de séroprévalence ont montré une exposition de 75 % de la population, permettant d'estimer que cette épidémie a affecté environ 13500 personnes (source ICEID mars 2006). Cette épidémie a continué d'évoluer le long de la côte est-africaine, atteignant Mombasa (Kenya) en novembre 2004, puis la Somalie: région du Bénadir (Mogadiscio en février 2005), région du Bas Shabelle (Bosaso en mai 2005), Somaliland (Eldere en juin 2005) (source SACB). La Grande Comore fut affectée dés le début du mois de janvier 2005. Une épidémie de dengue fut initialement suspectée, mais les prélévements envoyés sur requête de l'OMS dans le même laboratoire kenyan montrérent qu'il s'agissait là aussi du virus chikungunya. Comme dans l'épidémie kenyane, le taux d'attaque était trés élevé. L'épidémie s'interromput en mai 2005, ne semblant pas avoir atteint les îles d'Anjouan et de Mohélie. Les études de seroprévalence ont montré un taux d'exposition au virus chikungunya de 63 %, ce qui permet d'estimer le nombre de malades affectés par cette épidémie à environ 215000 cas (officiellement, 5409 cas ont été recensés) (source ICEID mars 2006). Les études éco-climatiques ont montré que les grandes épidémies de chikungunya de Lamu, Mombasa et des Comores étaient survenues aprés de longs mois de chaleur et de sécheresse inhabituelles le long des côtes kenyanes, conditions dont les experts pensent qu'elles ont pu favoriser le réémergence du virus chikungunya. Par ailleurs, les analyses préliminaires du génome virale retrouvent une certaine homologie entre les souches virales provenant des épidémies du Kenya et des Comores, suggérant une diffusion progressive du virus depuis les côtes africaines (source ICEID mars 2006).
En mars 2005, plusieurs autres îles de l'océan indien sont affectées: Mayotte, la Réunion, Maurice, les Seychelles. A la Réunion, l'épidémie ne s'est jamais interrompue depuis le mois de mars 2005, ce qui à défaut d'en faire la plus importante en fait l'une des plus longues épidémies de chikungunya jamais décrites .
Depuis novembre 2005, une importante épidémie de chikungunya est rapportée en Inde, avec prés de 500000 cas suspectés à la date du 15 juin 2006 (*), confirmant la ré-émergence du virus dans le sous-continent indien qui n'avait plus connu d'épidémie de chikungunya depuis 1971 (source: Indian Journal of Medical Microbiology, avril 2006). L'Andhra Pradesh a été le premier état affecté dés le mois de novembre 2005. C'est aussi le plus durement touché. A partir de février-mars 2006, plusieurs autres états du sud de l'Inde (Karnataka, Maharashtra, Orissa) ont été affectés. En mai 2006, la chikungunya atteint l'état du Tamil Nadu, et la ville de Chennai (ex Madras, 4 millions d'habitants) est touchée dés le début du mois de Juin
Dés janvier 2006, quelques cas de dengue et de chikungunya sont signalés à Madagascar, dans la région de Tamatave: peu d'informations sont disponibles, mais plusieurs voyageurs font état d'une importante épidémie.
A partir de mars 2006, les Comores signalent la réapparition de quelques cas dans les îles d'Anjouan et Mohélie. Mayotte signale également une reprise de l'épidémie.
Il semblerait que la fiévre chikungunya ait acquis une dimension quasi pandémique avec plus d'un million d'habitants affectés au cours des 24 derniers mois dans une large zone géographique englobant les côtes equatoriales est-africaines, le bassin océan indien et la moitié sud de la péninsule indienne.

(*) The Hindu, 15 mars 2006: The disease, caused mainly by mosquitoes, had spread from Andhra Pradesh, Karnataka and Maharashtra, where more than five lakh people were affected in the last one year. (La maladie, provoquée principalement par les moustiques, s'était répandu à partir des états de l'Andhra Pradesh, Karnataka et Maharashtra, où plus de 500000 personnes ont été affectées au cours de la derniére année. (Note: 1 lakh = 100000 dans la numération traditionnelle indienne)) [Lire]

Mardi 23 Mai 2006

Epidémiologie moléculaire du virus chikungunya dans l'Océan Indien - LSZ

Les scientifiques de l'Institut Pasteur viennent de publier sous license libre des travaux préliminaires sur le séquençage de différentes souches du virus chikungunya isolés dans l'Océan Indien (1).
"Les scientifiques qui ont réalisé cette étude voulaient déterminer les séquences génomiques des virus impliqués dans l'actuelle épidémie. Ils espéraient d'une part expliquer comment l'actuelle épidémie a débuté, pourquoi elle a affecté beaucoup plus de personnes que lors de précédentes épidémies (2), et d'autre part décrire comment le virus s'est modifié durant cette épidémie".

Arbre phylogénétique du virus chikungunya

Arbre phylogénétique du chikungunya - PLoS Med
Etude de l'Institut Pasteur (Juin 2006):
L'Institut Pasteur a réalisé le séquençage génomique complet de 6 isolats de virus chikungunya provenant de différents lieux (5 Réunion, 1 seychelles) et de différentes périodes (3 début 2005, 3 courant 2005). Le gêne codant la protéine d'enveloppe E1 (3) a aussi été sequencé à partir de prélévements de 127 patients infectés à la Réunion, aux Seychelles, à Madagascar, à Mayotte et à l'île Maurice. Les résultats montrent que l'épidémie a pour origine une souche virale génétiquement proche des souches est-africaines, qui secondairement a donné plusieurs variants (mutation). Toutes les souches isolées dans l'Océan Indien présentent des variations de leurs séquences nucléotidiques par rapport à la souche Tanzanienne de 1952 (souche Ross S27). La plupart de ces variations étaient présentes depuis le début de l'épidémie, mais certaines d'entre elles sont apparues en cours d'épidémie, avant que cette derniére ne connaisse une croissance trés forte. Un exemple est fourni par la variation du nucléotide codant l'acide aminé présent à la position 226 de la protéine d'enveloppe E1, résultant en une substitution de l'acide aminé Alanine (Ala) par Valine (Val) (mutation A226V). Toutes les souches de début d'épidémie avaient le version Ala (génotype 1 E1-226A) tandis que fin 2005, plus de 90 % avaient la version Val (génotype 2, 3 et 4 E1-226V). Cette mutation pourrait avoir pour conséquence que le virus perde sa dépendance au cholesterol pour infecter les cellules hôtes du moustique (mutant cholesterol-indépendant). Ce changement E1-226V, devenu prédominant à partir de septembre 2005 , aurait conduit à l'émergence d'un virus mieux adapté au moustique, ce qui pourrait expliquer alors l'explosion de l'épidémie début 2006.
Les chercheurs ont aussi identifié 3 changements dans les protéines non structurales nsP1 (T301I), nsP2 (Y642N), et nsP3 (deletion E460) qui étaient présents dans un isolat viral provenant d'un cas d'encéphalopathie néonatale mais étaient absents dans les autres formes classiques de la maladie. Des travaux complémentaires sont en cours pour déterminer si ces changements ont pu contribuer au tropisme neurologique de cette souche.

Genome Microevolution of Chikungunya Viruses Causing the Indian Ocean Outbreak [Lire]


Cette étude confirme et compléte les travaux présentés il y a 2 mois lors de la 5ème Conférence Internationale sur les Maladies Infectieuses Emergentes (Atlanta, Mars 2006), concernant les données entomologiques (4), épidémiologiques (5) (6), écoclimatiques (7) et de biologie moléculaire (8) collectées par le CDC lors de l'épidémie comorienne de début 2005, et de celle qui l'a précédé en Afrique de l'Est six mois plus tôt.
Il est surprenant qu'aucune référence ne soit faite à ces travaux dans l'étude présentée par l'Institut Pasteur.
Il serait intéressant de savoir si les caractéristiques génotypiques retrouvées dans les différents souches isolées à la Réunion ont été retrouvées dans les souches comoriennes et kenyanes.

  1. Genome Microevolution of Chikungunya Viruses Causing the Indian Ocean Outbreak
  2. Celà est discutable [Voir épidémie survenue à Madras en 1964]
  3. La chikungunya: epidémiologie - physiopathologie: Le virus: structure virale
  4. Epidemic Chikungunya Virus in the Union of Comoros, 2005: Entomologic Investigations: R. Sang & coll - ICEID, Mars 2006
    From January to April, 2005, an epidemic of chikungunya virus (CHIKV) occurred on the island of Grand Comores (Ngazidja) in the Union of Comoros. Entomological studies were undertaken during the peak of the outbreak, from March 11th to March 31st , aimed at identifying the primary vector(s) involved in transmission so that appropriate public health measures could be implemented.
  5. RAPID Re-emergence of Chikungunya Virus in East Africa: R. Breiman & coll - ICEID, Mars 2006
    Since June 2004, epidemics of illness due to Chikungunya virus (CHIKV) have been reported from multiple locations in east Africa, including Kenya (Lamu beginning in June 2004 and Mombasa in November 2004), Comoros Islands (beginning in January 2005), Seychelles (March 2005), Mauritius, and other islands in the Indian Ocean.
  6. Outbreak of Chikungunya in Lamu, Kenya, 2004: S. Bedno & coll - ICEID, Mars 2006
    In August 2004, an outbreak of an acute febrile illness, initially thought to be malaria, was reported in Lamu, Kenya. Most had been treated with anti-malarial medications with little or no improvement. It was then suspected that another etiology may be the cause. Chikungunya virus (CHIK) infection was demonstrated by IgM antibodies to alphaviruses, polymerase chain reaction (PCR) with CHIK primers and isolation of CHIK in tissue culture at the Kenya Medical Research Institute Arbovirology Viral Hemorrhagic Fever Laboratory.
  7. Eco-Climatic Precursors to Large Chikungunya Outbreaks in Kenya and Comoros, 2004-2005: J. Chretien & coll - ICEID, Mars 2006
    Large CHIK epidemics in Lamu, Mombasa, and Comoros followed several months of unusually warm and dry conditions along the Kenyan Indian Ocean coast. We hypothesize that persistence of such conditions may favor CHIK transmission in some cases through decreased extrinsic incubation period, increased vector contact with people, or other factors. The lack of reported CHIK outbreaks in Kenya following heavy 1997-8 ENSO rains, which preceded Rift Valley Fever and other epidemics, is consistent with this hypothesis.
  8. Molecular Analysis of Chikungunya Virus Strains From the Kenya and Comoros Island Outbreaks: K. M. Njenga & coll - ICEID, Mars 2006
    These preliminary results indicate a high level of genetic homology between CHIK viral strains involved in the two outbreaks, suggesting progressive spread of the virus. Complete genome sequence comparison of Lamu and Comoros strains is in progress.

Lundi 22 Mai 2006

Journée mondiale de la biodiversité - LSZ

C'est aujourd'hui la journée mondiale de la biodiversité, événement paradoxalement passé sous silence dans la presse réunionnaise de ce jour. Cette indifférence est en effet paradoxale pour cette île internationalement reconnue comme un "hot spot" de la biodiversité, mais aussi devenue le symbole de la destruction de la nature par l'homme, et plus récemment de l'émergence d'organismes pathogénes dont il ne devrait plus échapper à personne qu'ils sont devenus partie intégrante du changement global. Les enjeux liés à la perte de la biodiversité sont, on le devine, considérables, et nous concernent tous. Le site "Biodiversité 2007", lancé par Hubert Reeves et la Ligue ROC à l'occasion de cette journée mondiale de la biodiversité, constitue une initiative bienvenue dans ce silence médiatique, et ne peut que résonner favorablement dans le coeur d'un îlien.

La Réunion est doté d'un patrimoine exceptionnel:
Lors de la découverte de l'île jusqu'alors inhabitée de la Réunion, les marins et les naturalistes ont été frappés par l'abondance et l'originalité de la faune et de la flore : tortues géantes, oiseaux non volants, plantes inconnues ...
Aujourd'hui encore, ce petit rocher volcanique ne manque pas d'atouts, et il est bon de rappeler à quel point cette île peut être extraordinaire. On y dénombre pas moins de 130 types de milieux naturels, relativement intacts si on les compare aux autres îles des Mascareignes (à titre d'exemple, la forêt primaire occupe encore 30 % de la surface de l'île contre à peine 5 % à l'île Maurice). La faune et la flore y sont caractérisées par un niveau d'endémisme trés important. Les récifs coralliens y ont été identifiés comme l'un des 10 hot spots de la biodiversité marine au plan mondial. Le patrimoine géologique n'est pas en reste, avec le Piton de la Fournaise qui est l'un des volcans les plus actifs au monde, et le Piton des Neiges, point culminant de l'Océan Indien qui abrite des structures géologiques uniques au monde, les Cirques, "véritable endémisme géologique de la Réunion".
Il en résulte une grande diversité de paysages, souvent grandioses, qui donnent tout son cachet et sa richesse à cette "île intense".

Ce patrimoine remarquable est menacé (1):
Les îles Mascareignes sont devenues des symboles mondiaux de la destruction de la nature par l'homme, avec l'extinction de plusieurs dizaines d'espèces de vertébrés et la disparition d'écosystèmes entiers, notamment dans les zones de basse altitude, là où l'homme s'est installé. Ainsi, à la Réunion, depuis 400 ans, il y a eu environ 148 espéces qui ont définitivement disparu (dont le solitaire de Bourbon, cousin du célébrissime dodo mauricien). Actuellement, 24% des mammifères, 12% des oiseaux, 25% des reptiles, 20% des amphibiens et plus d'une plante sur huit sont menacés d'extinction. L'introduction d'espéces exotiques, l'urbanisation incontrôlée, l'agriculture, l'exploitation forestiére, l'activité industrielle, la pollution issue de l'activité humaine, le réchauffement climatique sont les principaux coupables.

La Réunion fait l'objet d'une attention particuliére pour la richesse de sa biodiversité. A l'heure où l'île connait de grands travaux et voit sa population s'accroître rapidement, une politique accrue de préservation des milieux naturels s'impose pour ne pas répéter les erreurs du passé. A l'heure du chikungunya, les liens (2) qui peuvent exister entre la mondialisation des échanges, la preservation des ecosystémes et les changements climatiques, qui constituent autant de mécanismes agissant sur les caractéristiques des milieux naturels et la dynamique des espéces, en particulier celle des vecteurs et des reservoirs de maladie, doivent être d'avantage mis en lumiére. Les enjeux sont considérables, tant ils sont porteurs d'espoir mais peuvent aussi mettre en péril l'économie et la santé des populations.


  1. Stratégie réunionnaise pour la biodiversité
  2. Biodiversité et santé des populations: perspectives pour le futur

Mercredi 17 Mai 2006

La déresponsabilisation du politique aux dépens de l'expert, vrai scandale de l'épidémie de chikungunya - LSZ

A la question semble-t-il embarrassante (1) (2) de savoir si il n'y aurait pas eu quelques cafouillages dans la gestion de la crise du chikungunya qui auraient pu être préjudiciables aux quelques 250000 réunionnais affectés par cette arbovirose, il est d'usage d'entendre les politiques affirmer que cette question, invariablement qualifiée de "polémique", n'a pas lieu d'être. Et pourquoi donc ?
Il ne s'agit pas de désigner un coupable dans la survenue de cette épidémie, mais de tenter de comprendre si certaines choses ont mal fonctionné, tout ceci dans le but louable d'éviter que pareil mésanventure ne se reproduise trop rapidement.
Mais voilà, la chose semble entendue, nul besoin d'attendre les résultats de la mission d'information sur l'épidémie , encore moins de créer une commission d'enquête parlementaire. Au regard de ce que les experts ont dit savoir de cette maladie, et de l'analyse du risque qu'ils en ont donné, il n'est, nous dit-on, pas imaginable de concevoir que les choses aient pu se passer différement. La réponse est un peu courte, messieurs !
Sans préjuger du fait de savoir si l'avis des experts qui se sont prononcés sur cette maladie ait pu être erroné et serait ou non susceptible d'engager leur responsabilité (3), la parole de ces experts peut-elle soustraire le politique de sa responsabilité ?
Certainement pas, pour la simple raison qu'un expert n'étant pas un élu, il ne saurait avoir la légitimité démocratique qu'impose la prise de décision dans l'action publique.
Le domaine de l'expert se limite théoriquement à l'évaluation du risque, éventuellement assorti d'un avis sur la réponse à y apporter, la gestion effective de ce risque restant en principe de la compétence du décideur, c'est à dire de l'homme politique. L'avis de l'expert se résume donc en principe à un avis consultatif, à une aide à la décision, laquelle reste de la seule responsabilité du politique. Mais quoi de plus tentant pour le décideur qui voudrait ne pas assumer entiérement la responsabilité de ses actes (ou de son inaction) que de vouloir déplacer le curseur de cette responsabilité sur l'avis de l'expert. Celà pose un probléme qui va bien au-delà de la simple morale politique, puisqu'il s'agit en fait du probléme du controle démocratique de l'action publique. Si le politique est élu, et redevable de ses actions au moins devant les électeurs, qu'en est-il de l'expert ?
Messieurs les politiques, assumez donc les responsabilités qui vous sont confiées, et cessez de vous défausser sur ces fameux experts qui dans cette dramatique épidémie de chikungunya ne sont que des alibis pour écarter des interrogations légitimes, fussent-elles embarrassantes. Etre persuadé de son irresponsabilité ne peut que favoriser l'impuissance et l'inhibition de l'action publique. Assumer ses responsabilités est une exigence démocratique.
Etre persuadé de son irresponsabilité, c'est véritablement là que commence le scandale de l'épidémie de chikungunya.

  1. Chikungunya, quand le politique s'intéresse aux arboviroses (1), J.-Y. Nau, Rev Med Suisse. 24 Fev 2006;(55): [Lire]

  2. Chikungunya, quand le politique s'intéresse aux arboviroses (3), J.-Y. Nau, Rev Med Suisse. 12 Mai 2006;(66): [Lire]

  3. Chikungunya, quand le politique s'intéresse aux arboviroses (2), J.-Y. Nau, Rev Med Suisse. 3 Mars 2006;(56): [Lire],



Mise à Jour du 19 mai 2006
"Impressionnant ! Interviewé par Jean-Marc Collienne sur Antenne Réunion dans le JT de 19h, Dominique de Villepin a esquivé chacune des questions embarrassantes.
"L'Etat a-t'il une responsabilité dans le retard pris pour combattre l'épidémie de chikungunya ? "
"Ce n'est pas ça qui est important ... blablabla ... je travaille pour la population ... blablabla ... la réaction des Réunionnais a été remarquable ... blablabla ..."
[...] A repasser en boucle dans les écoles de journalisme comme modèle de langue de bois"

Langue de bois en béton armé, Pierrot Dupuy, 18 mai 2006 [Lire]

Mardi 16 Mai 2006

Chikungunya: copier-coller de la DRASS Réunion - LSZ

Faut-il être à ce point aussi peu inspiré pour reprendre mot à mot sur le site de la DRASS Réunion de larges extraits du contenu de ce document sur l'historique de la chikungunya ?
Celà pourrait prêter à sourir. Mais dans le cas précis, s'agissant de professionnels dont on attend une rigueur et une expertise à la hauteur de leurs responsabilités, je trouve réellement pitoyable de reprendre telle quelle cette information. En effet, puisque j'en suis l'auteur, je sais qu'elle ne figure nulle part ailleurs sous cette forme, à moins d'avoir été recopiée sur ce site. Par conséquent, la question se pose de savoir si ceux qui reprennent cette information à leur compte en ont bien vérifier l'exactitude avant de la republier au mot prés et de maniére trés officielle sur un site gouvernemental ?

Maj 31 octobre 2006 Les sites officiels semblent vraiment être en manque d'originalité lorsqu'il s'agit de retracer l'historique du chikungunya.

Jeudi 11 Mai 2006

Chikungunya: des chiffres de mortalité publiés il y a plusieurs années - LSZ

Certaines publications scientifiques avancent des chiffres de mortalité globale liée à la fiévre chikungunya (cf infra). Ce qui interpelle, et c'est un euphémisme lorsque l'on se souvient qu'il y a moins de 4 mois de nombreux experts assuraient que cette maladie n'était pas mortelle (cf Maj 1), est que ces publications sont antérieures de plusieurs années à l'épidémie de chikungunya qui sévit actuellement dans l'Océan Indien.
Dès lors, une question se pose et même s'impose: la certitude initiale de bénignité de cette affection reposait-elle sur une analyse exhaustive des données de la littérature ou ne s'agissait-t-il que d'un argument d'autorité aux conséquences bien fâcheuses ?
Je doute qu'il n'y ait jamais de réponse à cette question, qui pour légitime qu'elle soit, n'en briserait pas moins le tabou de la recherche de responsabilités.



"Chikungunya and dengue viruses, for example, cause death in less than one out of 100 infections" (les virus de la dengue et du chikungunya, par exemple, sont mortels dans moins d'une infection sur 100)
Extrait de Evolution of Infectious Disease (Oxford Univeristy Press - ISBN: 0195111397), Octobre 1996 par Paul Ewald Department of Biology, Amherst College, Amherst, Massachusetts, USA




"The average fatality rate is 0.4 % (2.8 % in children and 1.6 % in elderly people)" (Le taux de mortalité moyen est de 0,4 % (2,8 % chez les enfants et 1,6 % chez les personnes âgées).)
Extrait de ZOONOSES: Infectious Diseases Transmissible from Animals to Humans (ASMPress - ISBN: 1-55581-236-8), Juillet 2003 par Hartmut Krauss & coll.


(Maj 1) L'INVS affirmait encore le 18 août 2006 qu'"aucun cas mortel d'infection à Chikungunya n'avait été rapporté lors des épidémies précédant celle de la Réunion" [Lire]

Jeudi 4 Mai 2006

Grand Raid 2006: la chikungunya fait fuir les concurrents - LSZ

Conséquence probable de l'épidémie de chikungunya à la Réunion, il n'y a pas assez de concurrents résidant à la Réunion pour justifier un tirage au sort pour le Grand Raid 2006, en raison de quoi tous les inscrits sont retenus (du jamais vu ces derniéres années). Par ailleurs, en raison d'une "baisse assez notable des inscriptions réservées aux non résidents de La Réunion", il reste encore 300 places disponibles pour les raideurs réunionnais. Il semble que la 14ème édition du Grand Raid soit elle aussi victime de l'épidémie de chikungunya. Félicitations et un grand merci à tous nos "chikungunyologues" et à leur savoir faire sans lequel tout celà n'aurait pas été possible.

Jeudi 27 Avril 2006

La chikungunya en 1952: pas si bénigne que ça - LSZ

La description clinique faite par Marion Robinson à l'occasion de la toute premiére épidémie de chikungunya ayant sévit en 1952-1953 sur le plateau du Makonde dans le sud de la Tanzanie (1) laisse songeur. La bénignité, si communément et si longtemps mise en avant pour cette affection, n'est pas le caractére le plus évident qui ressort de la lecture de ce document historique.
Quelques extraits :

Un potentiel épidémique explosif

" An explosive outbreak of the disease was reported from several villages in October, 1952, but on detailed inquiry it became evident that a few villages had been infected during the previous months. The subsequent spread was rapid and it normally involved 60 to 80 per cent. of the population in each village within a period of 2 to 3 weeks of its starting there. In some groups of houses every inhabitant was infected. "


Une manifestation explosive de la maladie a été rapportée dans plusieurs villages en octobre 1952, mais aprés une enquête approfondie, il était évident que quelques villages avaient été infectés au cours des mois précédents. La diffusion a été rapide et a impliqué 60 à 80 % de la population dans chaque village dans les 2 à 3 premiéres semaines. Dans quelques groupes de maisons, chaque habitant a été infecté.

Des douleurs intenses

" The pain was frightening in its severity, completely immobilizing many patients and preventing sleep in the first few days of illness. It was intensified by movement and localized in the large joints. In some cases there was also severe backache. Morphia was the only analgesic which was found to modify the pain. "


La douleur était d'une sévérité effrayante, immobilisant complétement de nombreux patients et les empêchant de dormir dans les premiers jours de la maladie. Elle était aggravée par les mouvements et localisée au niveau des grosses articulations. Dans certains cas il y avait aussi des douleurs dorsales sévéres. La morphine était le seul antalgique ayant un effet sur la douleur.

Des formes chroniques invalidantes

" Apyrexial recurrence of joint pains without other evidence of ill health occurred intermittently in the majority of patients, and in some continued up to 4 months after the original illness. These pains attacked different joints of the same patient at different times. They were usually very severe in the mornings, and would prevent the sufferer from changing position without help. In some districts the crippling effect of these pains was sufficient to endanger the normal agricultural programme. "


Des rechutes douloureuses articulaires sans fiévre et sans autre maladie évidente survenaient de maniére intermittente chez la plupart des patients, et persistaient encore chez certains d'entre eux 4 mois aprés le début de la maladie. Ces douleurs affectaient différentes articulations au cours du temps chez un même patient. Elles étaient habituellement trés sévéres le matin, et pouvaient empêcher celui qui en était affecté de changer de position sans aide. Dans certains districts, le handicap résultant de ces douleurs était suffisant pour mettre en danger le programme agricole normal.


  1. AN EPIDEMIC OF VIRUS DISEASE IN SOUTHERN PROVINCE, TANGANYIKA TERRITORY, IN 1952-53 - I. Clinical Features BY MARION C. ROBINSON* TRANSACTIONS OF THE ROYAL SOCIETY OF TROPICAL MEDICINE AND HYGIENE. Vol. 49. No. 1. January, 1955 [Lire]

Mardi 11 Avril 2006

Epidémie de chikungunya: une communication officielle bien étrange - LSZ

Comme celà avait été le cas dans la crise sanitaire provoquée par la canicule de l'été 2003, l'actuelle épidémie de chikungunya à la Réunion est marquée par l'idée trés répandue dans l'opinion publique que, sans les carences supposées ou avérées des gouvernants et du systéme de veille sanitaire, il aurait été possible, à défaut d'éviter ce drame sanitaire, d'en réduire considérablement les conséquences. Cette idée entrainne généralement un sentiment d'incompréhension, de doute, de suspicion, de rancoeur, qui n'est pas propice à l'installation d'un climat de confiance, pourtant indispensable à la contribution active de la population pour la lutte préventive contre une épidémie. Cette caractéristique témoigne des limites, voire de la faillite de la communication officielle face à une crise sanitaire. Les gouvernants semble avoir intégré le caractére inéluctable de cette dimension. Pourtant, celà n'a rien de rédhibitoire, et il existe de nombreux exemples où une communication efficace a été reconnue comme étant l'élément essentiel ayant permis de controler plus rapidement une épidémie, et de diminuer son impact sanitaire et socio-économique.

La communication, élément majeur de gestion d'une crise sanitaire:

En septembre 2004, des experts de l'OMS se sont rassemblés à Singapour afin d'étudier l'impact de la communication officielle lors de la survenue d'une épidémie. Ces experts se sont particuliérement penchés sur 2 questions:

  1. Comment la communication peut-elle accélérer le contrôle d'une épidémie ?
  2. Comment peut-elle réduire l'impact socio-économique d'une épidémie?

Au cours d'un examen exhaustif de la littérature, un certain nombre de bonnes pratiques de communication en cas de crise sanitaire (1) ont été identifiées, dont la présence était positivement corrélée au succés de la gestion de l'épidémie, et dont l'absence était associée à l'échec: établir la confiance, annoncer précocemment, être transparent, tenir compte de l'inquiétude de la population, et planifier à l'avance.
Il est désormais admis que cette communication de crise sanitaire fait partie des outils de santé publique permettant directement ou indirectement de controler plus rapidement les épidémies, de les prévenir quand celà est possible et de réduire leur impact en terme de vies humaines, et leur coût socio-économique.
Cette communication parait aujourd'hui à ce point importante que l''OMS considére qu'elle est aussi "indispensable que la formation en épidémiologie et les analyses de laboratoire". Aux Etats-Unis, le CDC exige que soit préparés des plans de communication en cas d'alerte sanitaire. En France, cette notion parait encore peu développée (2) et loin d'être mise en oeuvre.

Un exemple de communication réussie: l'épidémie de SRAS:

Apparu en Chine fin 2002, un coronarovirus jusque là inconnu se propage rapidement d'abord en Asie, puis au Canada, tuant en quelques mois environ 800 personnes sur 8000 malades. En l'absence de tout traitement ou vaccin, cette pandémie naissante de SRAS est pourtant enrayée en quelques mois par des mesures d'éviction. La participation pleine et entiére de la population dans ces mesures a été largement reconnue comme étant un élément essentiel du succés. La communication a été considérée comme le meilleur moyen d'obtenir cette participation. L'information sur cette épidémie avait été dés le début franche, ouverte, compléte, et permanente (3).

La communication dans l'épidémie de chikungunya:

Malgré l'incertitude qui pése sur les estimations faites par nos voisins, la Réunion semble, et de loin, être la plus durement affectée de toutes les îles de l'Océan Indien touchées par l'épidémie de Chikungunya (4). Que s'est-il réellement passé pour qu'on en arrive là ? Je me garderai bien d'avancer une explication. Néanmoins, il y a déjà un élément qui apparait: à ce jour, la communication n'a pas été en mesure de changer ou de modifier les comportements de la population vis à vis de l'indispensable lutte contre le moustique vecteur de la maladie. Pire encore, nombre d'habitants restent convaincus que le moustique n'est pas en cause (5). Il est fort peu probable que le moustique soit à ce point disculpé dans les autres îles de l'Océan Indien, plus habituées à lutter contre les maladies vectorielles tel que le paludisme. C'est un échec retentissant, un de plus (6) (7) (8) (9), dans la politique de santé publique mise en oeuvre dans cette épidémie. La communication semble être essentiellement dictée par la nécessité de faire taire toute polémique. Sa dimension éducative est réduite à une campagne d'information (Radio, TV, affiches) culpabilisante (10), et qui ne s'adapte pas malgré son faible impact sur les croyances et les comportements. Et avec l'incroyable opération de communication menée récemment sur un hypothétique traitement (11), on se dit que l'indispensable mobilisation de la population pour la lutte préventive contre l'épidémie n'est pas pour demain.

  1. Lignes directrices de l'OMS sur la communication lors des flambées de maladies

  2. "Je voudrais insister sur la communication, qui est un volet capital de la gestion de crise, tant en amont que pendant la crise. Un plan de communication est en cours de réalisation afin de préparer l'opinion publique à la possibilité d'une pandémie [de grippe]" Xavier Bertrand, Sénat, séance du 10 Novembre 2005

  3. Sars communication: What Singapore is doing right

  4. Epidémie de Chikungunya à La Réunion/ Océan Indien - Point de situation au 7 Avril 2006

  5. La DRASS constate que le message sanitaire ne passe pas - Témoignages, 25 Janvier 2006

  6. Chikungunya, une crise longuement sous-estimée - Jean-Michel Guillery, 27 Février 2006

  7. Le chikungunya après la canicule - Jean-Yves Nau, Le Monde, 21 Mars 2006

  8. Chikungunya: de l'imprudente certitude initiale à l'indécente ignorance, un an d'échec - LSZ Blog

  9. Chronique d'une catastrophe sanitaire, économique et sociale. L'île de La Réunion face au Chikungunya - François Taglioni, 10 Avril 2006

  10. Chaque individu est responsable de sa situation - Laurent Cayrel, préfet de la Réunion, 5 Janvier 2006

  11. La chloroquine dans l'infection à chikungunya - LSZ Blog


Jeudi 6 Avril 2006

La chloroquine dans l'infection à chikungunya - LSZ

La chloroquine (ou 9-aminoquinoline, Nivaquine ®) (1) est connue depuis 1934. C'est le premier médicament utilisé avec succés contre le paludisme. Bien qu'elle ait été développée principalement pour traiter le paludisme, cette molécule est également utilisée dans des affections dermatologiques, autoimmunes et rhumatologiques, ces derniéres constituant aujourd'hui ses principales indications dans les pays industrialisés.
En dehors de ces propriétes trés connues, cette molécule a aussi été utilisée avec un certain succés dans les formes articulaires chroniques de l'infection à Chikungunya.
Cette molécule serait également trés intéressante pour lutter contre certaines infections virales. La chloroquine a en effet des propriétés antivirales directes, en inhibant des étapes pH-dépendantes de la réplication virale ou en interférant avec la glycosylation de l'enveloppe de plusieurs virus (2), incluant en particulier des flavivirus, des retrovirus, des coronarovirus et des alphavirus. Il serait bien étonnant que compte-tenu de ses propriétés antivirales potentielles, elle ne fasse pas partie des 170 molécules actuellement testées en laboratoire contre le virus chikungunya.

  • Chloroquine et flavivirus
    La chloroquine inhibe in vitro un processus nécessaire à la maturation des flavivirus [Lire]

  • Chloroquine et retrovirus
    La chloroquine a montré une activité inhibitrice in vitro contre le VIH. [Lire]

  • Chloroquine et coronarovirus
    La chloroquine est un puissant inhibiteur du coronarovirus responsable du SARS. L'effet inhibiteur s'exerce quand les cellules sont traitées avant ou aprés l'infection virale, suggérant un effet thérapeutique mais ausi prophylactique. [Lire]

  • Chloroquine et alphavirus
    La chloroquine est également connue pour être capable d'inhiber la réplication du virus Sindbis (alphavirus trés proche du virus chikungunya) lorque elle est mis en présence de cellules de mammiféres avant ou au cours de l'infection virale [Lire].


Utilisée depuis plus de 70 ans, la chloroquine a une tolérance excellente. Sa toxicité est faible à la posologie usuelle et elle n'est pas contre-indiquée pendant la grossesse. S'agit-il de la mystérieuse molécule anti-parasitaire qui s'est montré efficace contre le virus chikungunya au laboratoire de virologie de la Timone du Pr Xavier de Lamballerie ?

(1) Chloroquine sulfate (Nivaquine ®) par la Banque de Données Automatisée sur les Médicaments
(2) La chloroquine aurait une action antivirale sur les phases précoces et tardives de la réplication virale.
Phase précoce: Les virions sont incorporés dans les cellules au sein de vacuoles d'endocytose. Ces vésicules contenant les virus, se lient aux lysosomes qui "pélent" le virus de ses enveloppe et capside et libérent le génome viral dans la cellule. L'action des lysosomes est perturbée par la chloroquine, qui est une base faible qui s'accumule dans la lumiére des lysosomes, en éléve le pH, et perturbe l'action des enzymes lysosomales.
Phase tardive: Les virions s'accumulent dans des vésicules d'exocytose au sein desquelles ont lieu des processus de maturation et de glycosylation des glycoprotéines de l'enveloppe virale. Cette glycosylation serait perturbée par la chloroquine (mécanisme unique par inhibition de la quinone-réductase 2 ?).


Mise à Jour du 8 avril 2006: la piste chloroquine se confirme:
"Dans le cadre de l'enquête mise en place pour identifier les molécules actives contre le virus du chikungunya, des essais ont été réalisés en laboratoire sur des cultures cellulaires in vitro et ont montré une activité antivirale de la chloroquine (Nivaquine ®) sur ce virus. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) relève qu'il s'agit de tests préliminaires et qu'à ce stade, aucune donnée d'efficacité et de sécurité n'est disponible chez l'Homme."
AFSSAPS - Infection par le virus Chikungunya : Point sur l’utilisation de chloroquine [Lire]


Mercredi 5 Avril 2006

No comment #4 - LSZ

On ne peut affirmer, comme le fait votre journal, que la bibliographie spécialisée existait et que l'on s'est abrité derrière l'absence du savoir médical : nous avons, à l'INVS, analysé l'ensemble des données existantes. Aucune épidémie rapportée n'avait l'ampleur de celle qui sévit à La Réunion. Gilles Brücker, Le Monde [Lire]



"In India, it was estimated that during the outbreak in Madras in 1964, nearly 400000 cases occurred" (En Inde, il a été estimé que au cours de l'épidémie de Madras en 1964, prés de 400000 cas sont survenus).
Extrait du the Northern Territory disease control bulletin vol 11, N°3, Septembre 2004, concernant une épidémie de chikungunya survenue à Madras en 1964


De plus, jamais la réalité de la mortalité globale imputable à cette maladie n'a fait l'objet d'une publication scientifique, aucun document n'avance la moindre mesure de la létalité. Gilles Brücker, Le Monde [Lire]



"Chikungunya and dengue viruses, for example, cause death in less than one out of 100 infections" (les virus de la dengue et du chikungunya, par exemple, sont mortels dans moins d'une infection sur 100)
Extrait de Evolution of Infectious Disease (Oxford Univeristy Press - ISBN: 0195111397), , Octobre 1996 par Paul Ewald Department of Biology, Amherst College, Amherst, Massachusetts, USA,




"The average fatality rate is 0.4 % (2.8 % in children and 1.6 % in elderly people)" (Le taux de mortalité moyen est de 0,4 % (2,8 % chez les enfants et 1,6 % chez les personnes âgées).)
Extrait de ZOONOSES: Infectious Diseases Transmissible from Animals to Humans (ASMPress - ISBN: 1-55581-236-8), Juillet 2003 par Hartmut Krauss & coll.,

Samedi 1 Avril 2006

Chikungunya: des dizaines de millions de doses de vaccin toujours en main - LSZ

Il n'existe actuellement aucun vaccin chikungunya disponible bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché. Le candidat le plus prometteur a été développé dans le milieu des années 80 par des chercheurs de l'USAMRIID de Fort Detrick. Un essai clinique conduit chez 73 volontaires, publié par Robert Edelman de l'Université du Maryland en 2000, a montré qu'il conférait une bonne immunité et était bien toléré. Mais le développement de ce "vaccin trés prometteur, sûr, aux effets secondaires bien tolérés, fortement imunogénique" est "tombé à plat" (1) (2), faute de budget.
Quelques chercheurs se sont recemment focalisé sur ce vaccin. Selon David Vaughn, qui dirige le programme des maladies infectieuses de l'U.S. Army Medical Research and Materiel Command de Fort Detrick, l'épidémie réunionnaise est "une opportunité pour réactiver les efforts de recherche " sur ce vaccin (1). Avec des "dizaines de millions de doses" (2) (3) de vaccin toujours en main, Vaughn affirme que cette épidémie est une chance "de pouvoir amener ce vaccin à une autorisation de mise sur le marché" (1) (2). Les gouvernants, sur avis des experts français (4), ne semblent pas partager cet avis, affirmant sans sourcillier que "ce vaccin aurait fait plus de mal que de bien ".
Mise à Jour du 5 avril 2006
Aprés plusieurs semaines d'atermoiement, ce vaccin prometteur (5) commence enfin à intéresser les autorités sanitaires françaises:

Une nouvelle chance pour le vaccin américain ...:
"Face à l'épidémie de chikungunya qui a déjà touché 230.000 personnes à La Réunion, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a annoncé mercredi son intention de suivre "la piste américaine", en l'occurence des essais vaccinaux engagés aux Etats-Unis sur le virus. "
"Xavier Bertrand s'intéresse à "la piste américaine" ", Le Nouvel Observateur du 05 avril 2006 [Lire]



  1. “Martin Enserink: “Massive Outbreak Draws Fresh Attention to Little-Known Virus” in Science Magazine, vol. 311 February 24, 2006, p. 1085.

  2. SEMP Biot #339: Hard Luck Reunion Island: Massive Chikungunya Epidemic, 11 Mars 2006

  3. The Scientist : Mosquito virus spreading, 24 Fev 2006

  4. "le vaccin existant ne peut être utilisé, car il produit les mêmes symptômes que la maladie elle-même" : Mission d'information chikungunya - Propos de Michel van der Rest (CNRS), 1er Mars 2006 [Lire]

  5. Les vaccins Chikungunya - LSZ Blog, 20 Fev 2006


Vendredi 17 Mars 2006

L'épidémie de chikungunya en 26 néologismes - LSZ

Ce billet contient des grossiéretés. Si celà vous irrite, arrêtez ici votre lecture avant que celà ne vous pique les yeux.


  • Athanatognosie : Certifier qu'une maladie est bénigne

  • Bucca-aperto-lyse : Crever la bouche ouverte

  • Chrysorchidie : Se faire des couilles en or

  • Digitoculie : Action de se fourrer un doigt dans l'oeil

  • Endochiropilosité : Avoir un poil dans la main

  • Flatulence suprarectale : Péter plus haut que son cul

  • Gluodefecation : Chier dans la colle

  • Hippopyréxie : Fiévre de cheval

  • I : cf Q

  • Jogging-thérapie : Laisser courir en matière de santé

  • Kaméléon : Dommage collatéral

  • Latero-scarpo-grade : Qui marche à côté de ses pompes

  • Moustigro-phobe : Ministre en visite

  • Natalidulie : Croire au père Noël

  • Omphalophilie : Aimer se caresser le nombril

  • Pipopnée : Mentir comme on respire

  • Q : précéde parfois le I

  • Rhinoscopiquement : A vue de nez

  • Stradivariurie : Pisser dans un violon

  • Tele-cervico-coprose : Être dans la merde jusqu'au cou

  • Ultramarin : cf Vesico-lanternomane

  • Vesico-lanternomane: Qui prend des vessies pour des lanternes

  • Waterloo-esque : qui surprend (principalement en matiére de veille sanitaire)

  • Xyloglossie : Langue de bois

  • Yoyo-calculie : Art de consolider des données statistiques

  • Zerologie : cf Athanatognosie

Librement inspiré des anaglossologiques.


Jeudi 9 Mars 2006

Chikungunya: de l'imprudente certitude initiale à l'indécente ignorance, un an d'échec - LSZ

Il aura fallu presque un siécle et 3000 décès annuels (dans les meilleurs millésimes) pour que nos gouvernants reconnaissent la dangerosité de l'amiante. Il n'aura fallu qu'un peu moins d'un an et quelques dizaines de décés pour que nos gouvernants se penchent sérieusement sur notre épidémie de Chikungunya. Certains trouveront peut-être bien ingrat de se plaindre de tant de célérité. Dont acte, assumons d'être ingrat.

Un an, c'est le temps qu'il aura fallu à ce virus pour quitter sa niche ecologique usuelle et s'installer sur notre île, avec un succés que "personne n'avait prévu, et que personne ne pouvait prévoir". C'est aussi le temps qui aura été nécessaire pour constater chaque jour l'inconséquence et la légéreté qui semble prévaloir dans la gestion de cette "maladie dont on ne meurt pas" et qui "ressemble à une grosse grippe". Un fiasco qui semble désormais être devenu la régle dans la gestion des crises sanitaires, tant la liste des echecs de nos gouvernants dans ce domaine semble promise à un éternel recommencement (Tchernobyl, sang contaminé, canicule, ...).


Comment en est-on arriver là ? Que peut-on faire ?


L'imprudente certitude initiale:

"l'importation de chikungunya [depuis les Comores, où une épidémie sévit alors depuis cinq mois] ne constitue pas un phénomène inquiétant en termes de santé publique"

Note de l'Institut de Veille Sanitaire, 3 mai 2005 [Lire]

Un an aprés, cette épidémie aura montré à quel point nos experts peuvent se fourvoyer. Il faut reconnaitre que cette maladie était bien mal connue. Tous les experts pensaient qu'il s'agissait d'une maladie bénigne, non mortelle. Et ils se sont étonnés du caractére explosif de l'épidémie, de l'évolution chronique des symptômes, des complications sévéres et de la mortalité de cette affection. Mais il n'est pas sûr que tous ces éléments n'aient pu être suspectés bien avant que le virus Chikungunya ne pointe le bout de son ARN sur notre île. Prenons connaissance de quelques éléments d'informations qui bien que n'étant pas toujours issus de publications prestigieuses (presque muettes sur le sujet), ont au moins le mérite d'exister. (on limitera volontairement le nombre d'exemples pour ne pas allonger inutilement ce billet)

  • Le risque épidémique:
    Le potentiel épidémique explosif de la fiévre chikungunya n'est pas une découverte réunionnaise. Il s'agit même d'un mode habituel de survenue de cette affection, particuliérement dans les populations non immunes (qui n'ont jamais été en contact avec le virus). La littérature rapporte des taux d'attaque (nombre de malades / nombre de personnes exposées) trés élevés dans la fiévre chikungunya, pouvant atteindre 90 %. Calisher écrivait dans l'Encyclopedia of Virology, que "localement la quasi-totalité d'une population pouvait être touchée". Le rapport établi par l'OMS sur l'épidémie survenue aux Comores en janvier 2005, évoquait déjà la possibilité d'un fort taux d'attaque. On pouvait lire que "dans certains ménages, plus de 75 % des membres sont affectés. Certains centre de santé ont plus de 50 % de leurs agents atteints;"
    Les épidémies, parfois limitées à quelques centaines de cas, peuvent aussi affecter un trés grand nombre d'individus comme ce fût le cas à Madras en 1964 (400 000 cas) [Voir]. Aedes albopictus, le moustique présumé vecteur du chikungunya à la Réunion, serait en laboratoire un vecteur plus compétant que l'Aedes aegypti, vecteur habituel de la maladie.
    Considérant celà, on s'interroge sur la nature des éléments qui ont conduit à écarter le risque que se développe une importante épidémie de fiévre chikungunya à la Réunion.

    [Mise à Jour du 3 juillet 2006: dans une revue générale de l'infection à virus chikungunya , l'infectiologue Gilles Pialoux confirme le caractére potentiellement explosif des épidémies de chikungunya : "L'épidémie a surpris par son caractère massif et prolongé, avec taux d'attaque élevés, éléments pourtant documentés antérieurement en Asie." ]

  • Les formes chroniques de la maladie:
    Une étude rétrospective réalisée en 1982 avait montré que 3 ans aprés avoir été infectés par le chikungunya, 12 % des patients présentaient encore des séquelles articulaires. C'est, à ma connaissance, une des rares études rapportant la durée possible d'évolution des formes chroniques de la maladie; et 12 % de séquelles articulaires 3 ans aprés l'infection, c'est beaucoup. Parler de maladie bénigne dans ce cas reléve d'une acceptation élargie du concept de bénignité, et pour le moins assez éloignée de l'idée que s'en font la plupart des gens.

  • Les complications décrites avant l'épidémie réunionnaise:
    En raison de son appartenance au genre alphavirus, un tropisme neurologique du virus chikungunya ne pouvait être totalement exclu. Et il n'était pas rare de retrouver cette notion dans un certain nombre d'ouvrages ou de publications. Les premiéres manifestations neurologiques du chikungunya décrites au GHSR ont surpris. Elles n'étaient peut-être pas inattendues, ni même une découverte réunionnaise si l'on en juge d'une part par cette revue africaine d'avril 2004 dont un article conclut que les arbovirus (virus Zika et virus Chikungunya) et HSV étaient les principaux virus impliqués dans les tableaux neurologiques observés dans le service de Neurologie d'Abidjan, et d'autre part par cette 1ère description réunionnaise qui fait état d'une méningo-encéphalite survenue en 1972, au Cambodge, chez un enfant de 5 ans.

    [Mise à Jour du 3 avril 2006: dans un rapport du Professeur Claude CHASTEL à l'Académie Nationale de Médecine, il est fait état de manifestations neurologiques du chikungunya en Inde en 1969, chez 12 enfants, à l'origine d'un décés et de 2 séquelles sévéres]

    Il en va de même des complications cardiaques au décours d'une infection chikungunya, qui ont semble-t-il fait l'objet d'au moins 2 publications.

  • La mortalité lié à la fiévre Chikungunya:
    Didier Houssin, directeur général de la santé, affirmait en février 2006 sur RFO: "On peut dire que le chikungunya est un petit peu mortel".
    Ce n'était pas le premier à affirmer celà. De nombreux documents en attestent. Je n'en citerai que 3:


    1. Dés 1969, justifiant la nécessité du développement d'un vaccin chikungunya, un scientifique du Walter Reed Army Institute of Research affirmait que "l'infection Chikungunya est rarement fatale".

    2. En octobre 1996, Paul W. Ewald écrivait dans Evolution of Infectious Disease (Oxford Univeristy Press - ISBN: 0195111397)
      "Chikungunya and dengue viruses, for example, cause death in less than one count out 100 infections" (les virus de la dengue et du chikungunya, par exemple, sont mortels dans moins d'une infection sur 100) [Extrait]

    3. En juillet 2003, on pouvait lire dans le chapitre chikungunya de la 3ème édition de ZOONOSES: Infectious Diseases Transmissible from Animals to Humans (ASMPress - ISBN: 1-55581-236-8) : "The average fatality rate is 0.4 % (2.8 % in children and 1.6 % in elderly people)." (Le taux de mortalité moyen est de 0,4 % (2,8 % chez les enfants et 1,6 % chez les personnes âgées).) [Extrait]

    Certains spécialistes affirment qu'aucun cas mortel de fiévre chikungunya n'a jamais été rapporté dans la littérature; je crains que cette affirmation ne soit pas aussi clairement établie. En 1960 sévissait en Thailande un fiévre hémorragique pour laquelle on découvrit que 20 % des cas hospitalisés semblaient être liés au virus Chikungunya. De nombreux patients avaient une serologie simultanément positive pour la dengue et le chikungunya. A cette occasion se posa la question de savoir "pouquoi les virus de la dengue et du chikungunya pouvaient être soudainement responsable d'une maladie sévére et fatale" [Lire]. En 1964, il est rapporté que cette affection a été associée à une complication hemorragique fatale [Medline]. En 1979, l'infection chikungunya a été considérée comme étant possiblement à l'origine d'un décés survenu 6 ans plus tôt.[Medline].

  • L'intérêt et la préoccupation des militaires américains:
    Les militaires américains s'intéressent depuis trés longtemps à cette affection. Ils ont été les premiers à développer un vaccin. En avril 2005, alors qu'à la Réunion personne ne s'inquiétait des tout premiers cas recensés, ils écrivaient au sujet du chikungunya, dans le supplément au volume 170 de "Military Medecine", que "son potentiel en tant que menace militaire sérieuse est considérable". Depuis, leur interêt pour cette affection ne semble pas avoir faiblit.



L'indécent aveu d'ignorance:

"Concernant le chikungunya, personne n'avait prévu, aucun scientifique notamment, aucun expert, mais visiblement personne ne pouvait prévoir l'explosion du chikungunya à partir du début de l'année 2006"

Xavier Bertrand, Le Monde, 21 Février 2006 [Lire]


"A partir d'octobre [2005], alors que nous avancions dans l'épidémie, j'ai interpellé François Barouin, ministre de l'Outre-Mer, puis Xavier Bertrand, ministre de la santé. Rien n'est venu"

Gélita Hoareau, sénatrice de l'île de la Réunion [Lire]


Sauf à vouloir se départir du plus élémentaire des principes de précaution, l'ignorance ne peut constituer une justification à l'inaction des systémes de veille sanitaire. Ce devrait même être précisément l'inverse. Gouverner, c'est prévoir disait Émile de Girardin, mais pour prévoir, encore aurait-il fallut savoir montrer un minimum d'écoute et de considération pour la parole des réunionnais qui depuis des mois s'époumonaient à crier à qui voulait l'entendre que l'épidémie revetait un caractére de fatalité. Affirmer aprés presque un an d'épidémie que "visiblement personne ne pouvait prévoir l'explosion du chikungunya à partir du début de l'année 2006", c'est assurément faire la démonstration d'une (ab)surdité bien inquiétante tant pour la gestion de la crise actuelle que pour celles qui nous menacent.

L'inadequation des moyens de lutte:


"Le principal moyen de lutte contre cette épidémie n'est évidemment pas le traitement des milieux par les insecticides comme on la pratique actuellement à La Réunion: on tuera trop d'autres espèces, notamment les prédateurs de moustiques : petites grenouilles arboricoles de la forêt, petits oiseaux insectivores, etc, tant à La Réunion et Maurice qu'aux Seychelles. On polluera le milieu et les produits alimentaires encore sur pied. En plus, la lutte chimique n'a jamais donné de résultats complets et encore moins sur le long terme. On risque surtout de créer des souches résistantes de moustiques à tout produit chimique. Ceci est devenu un lieu commun. [...]"

Extrait d'un mail reçu de Stéphane Orts, Ancien gestionnaire de programmes environnementaux aux Seychelles et Cameroun; ancien chargé d'enseignements aux Universités de Kisangani et Bruxelles. [Publié avec l'aimable autorisation de l'auteur.]


En avril-mai 2004, la Réunion avait connu une épidémie de dengue 1. Grâce à l'intervention précoce du service de lutte antivectorielle, (dont les moyens limités ne lui permettait plus d'assurer le maintien de l'éradication du paludisme depuis plusieurs années) et à la faveur de l'hiver austral, l'épidémie s'était limité à un petit nombre de cas (134). Hélas, cette stratégie, basée en bonne partie sur la rigueur de l'hiver austral, n'a pas fonctionné pour l'épidémie de chikungunya. Le service de lutte antivectorielle a rapidement été débordé par la progression rapide de l'épidémie:

  • 21 mai 2005 : 474 cas.

  • 13 juin 2005 : 1.678 cas

  • 25 juillet 2005 : 2.724 cas

  • 8 août 2005 : 2.959 cas

  • 5 octobre 2005 : 3.926 cas - "l'hiver austral n'a pas permis l'interruption de la transmission virale" [Lire]

  • 19 novembre 2005 : 4.532 cas identifiés avec une croissance exponentielle de 50 à 100 nouveaux cas par semaine !

L'état a alors entrepris de pulvériser dans toute l'île des insecticides, dont les effets sur l'environement ont été rapidement dénoncés. Et force est de constater que malgré plusieurs mois d'épendage massifs, la courbe épidémique ne s'est toujours pas infléchie à ce jour.

[Mise à jour: point de situation au 10 mars 2006:
"Le nombre de cas hebdomadaire diminue depuis la semaine du 5 au 12 février 2006. Cependant les données de ces deux dernières semaines n'étant pas encore consolidée, cette évolution doit être confirmée d'autant plus que des évènements inopinés tels que la dépression tropicale Diwa, qui affecte l'île depuis le 3 mars, peuvent contribuer à modifier l'écologie du moustique vecteur de la maladie." (source InVS)]




Que pouvait-on faire ?:

"A votre sens, il n'y aurait donc eu aucun retard ?
Pour ce qui est de l'alerte, je ne vois pas comment on aurait pu mieux faire. La grande difficulté, c'est qu'au printemps personne ne pouvait soupçonner un problème. Et que faire ? La seule façon est de contrôler le vecteur, c'est-à-dire le moustique. Pour cela a été appliqué le schéma développé lors de l'épidémie de dengue à la Réunion, schéma qui avait très bien fonctionné..."


Gilles Brücker, Libération, le 4 mars 2006 [Lire]


Je m'inquiéte d'apprendre que pour une maladie longtemps qualifiée de bénigne il n'ait pas été possible de faire mieux que de constater, impuissant, 10 % de surmortalité pour l'année 2005 et 97 morts dans les 59 premiers jours de l'année 2006.
S'il n'était vraiment pas possible de mieux faire, alors nous pouvons assurément continuer de vivre et mourir en paix, en ayant la certitude réconfortante que notre trépas ne sera pas troublé par les difficultés de la filiére avicole.


Que pourrait-on faire ?:

Il faut étudier toutes les possibilités, sans aucun tabou. Si la question de l'incompétence ou de la légéreté de quelques-uns se pose, alors il pourrait être opportun de s'interroger sur la nécessité de les remplacer (ou non). Certains y verront une démarche militante, hystérique, irréfléchie, mais c'est à mon sens la condition "Sine Qua Non" pour rétablir le minimum de confiance, aujourd'hui perdue, nécessaire à une pleine et entiére mobilisation.

Parallélement, la société civile se doit de faire des propositions concrétes, constructives, innovantes. On rappellera simplement que le cycle de transmission du virus fait intervenir un vecteur (le moustique Aedes) et un reservoir (l'Homme, et principalement l'Homme malade), et qu'une lutte efficace repose donc à la fois sur le vecteur, et sur le reservoir.

Mise à Jour du 22 mars 2006: La vérité finit toujours par voir le jour ...
"Pour la canicule comme pour le chikungunya, l'absence d'un savoir médical et scientifique a été invoquée pour justifier l'inaction puis il a été découvert qu'une bibliographie spécialisée existait. Chaque fois, une organisation de surveillance que l'on tenait la veille pour exemplaire a soudainement exposé des failles grandes et insoupçonnées"

Le chikungunya après la canicule, Le Monde du 21/03/06 [Lire]



Mise à Jour du 5 avril 2006: Sans commentaires ...
"(...) On ne peut affirmer, comme le fait votre journal, que la bibliographie spécialisée existait et que l'on s'est abrité derrière l'absence du savoir médical : nous avons, à l'INVS, analysé l'ensemble des données existantes. Aucune épidémie rapportée n'avait l'ampleur de celle qui sévit à La Réunion.
Bien sûr, comme dans toutes les maladies infectieuses, des formes graves ont été décrites ; elles sont pour le chikungunya non seulement rares, mais assez mal documentées. De plus, jamais la réalité de la mortalité globale imputable à cette maladie n'a fait l'objet d'une publication scientifique, aucun document n'avance la moindre mesure de la létalité."


Une lettre du professeur Gilles Brücker, Le Monde du 4/04/06 [Lire]

Vendredi 24 Fevrier 2006

Menace respective du Chikungunya et de la grippe aviaire - LSZ

Peut-on comparer la peste et le choléra ? Ce n'est pas mon propos. Il ne s'agit évidemment pas pour moi de vouloir minimiser la menace potentielle que fait planer l'épizootie de grippe aviaire sur l'Humanité , mais d'apprécier à sa juste mesure la menace bien réelle et trop longtemps sous-évaluée à laquelle les réunionnais font face depuis maintenant presque un an .

Virus H5N1 de la grippe aviaire [Lire]

  • Découvert en 1961, en Afrique du Sud, le virus H5N1 infectait sans gravité une sterne (petit oiseau marin migrateur).

  • En 1997, il surgit sur le devant de la scène en déclenchant une spectaculaire vague de mortalité parmi les élevages de poulets de Hong Kong, et en prouvant sa capacité limitée, mais souvent fatale, à infecter l'Homme .

  • Depuis le début de l'épizootie, environ 120 personnes ont été contaminées dans le monde et la moitié en sont mortes. Ce virus tue 1 fois sur 2, mais son pouvoir de contamination demeure pour l'instant très faible.

  • Il n'y aura d'épidémie que si ce virus aviaire s'adapte à l'homme, soit par mutation soit par recombinaison. A ce jour, le virus qui pourrait déclencher une épidémie n'existe donc pas encore.


Virus Chikungunya [Lire]

  • Découvert en 1952 en Tanzanie.

  • Depuis 1952, il a été à l'origine de plusieurs épidémies en Afrique sub-saharienne, dans le sous-continent Indien, en Asie du sud-est et dans de nombreuses îles du Pacifique. En début d'année 2005, le virus fait son apparition dans plusieurs iles de l'Océan Indien (Comores, Mayotte, Réunion, Maurice). L'épidémie persiste et se développe particuliérement à la Réunion, où la situation devient explosive et incontrôlable en ce début d'année 2006. Depuis de nombreuses années, cette affection a été considérée par les militaires américains comme une menace particuliérement sérieuse.

  • A la Réunion, il est responsable depuis le début de l'année 2006 de 120 000 malades et plus ou moins directement de 77 morts (soit si je compte bien 6.41 décés/10 000 malades). Depuis que le virus circule dans l'Ile (mars 2005), il y aurait un excés de mortalité de 10 % ce qui est "énorme", et proche de ce que les spécialistes prédisent en cas de pandémie de grippe aviaire. Selon Antoine Flahaut, président de la cellule nationale de coordination de la recherche sur la maladie du chikungunya, cité par Libération, "La Réunion est dans un état proche de celui que pourrait connaître l'Europe en cas de pandémie grippale. Il faut tout faire pour éviter les piqûres de moustiques chez les personnes âgées, les femmes enceintes et les nourrissons, les personnes à risque".


H5N1 représente un danger potentiel réel mais pour l'instant sans commune mesure avec l'actuelle épidémie de Chikungunya à la Réunion, qui équivaudrait à l'échelle de la France à 9.31 millions de personnes atteintes et près de 5972 morts depuis le mois de janvier 2006.
Il est parfaitement compréhensible que les conséquences de cette maladie, qui n'avait jamais atteint le territoire national avant l'actuelle épidémie réunionnaise, aient été initialement mal évaluées. Mais presqu'un an aprés son apparition sur le sol réunionnais, l'heure n'est plus à la tergiversation. Il est temps de donner à tous les réunionnais les moyens de se protéger efficacement des piqures de moustique en offrant trés rapidement et gratuitement au plus grand nombre des répulsifs, des moustiquaires et des ventilateurs.


Jeudi 23 Fevrier 2006

La petite histoire du Chikungunya - LSZ


Je suis assez agréablement surpris et trés flatté de retrouver ce matin dans le JIR un article retraçant l'histoire du virus Chikungunya, qui semblera par bien des aspects familier aux lecteurs de ce blog (voir aussi l'encadré ci-dessous).
J'ose me permettre de compléter l'excellent travail du journaliste du JIR qui, oubliant de citer la source originelle de cette information ( sans doute par inattention), aurait pu conseiller utilement dans son article la lecture de :

Handbook of Zoonoses - second edition, section B: Viral

"Chikungunya fever: Franck J Malinovsky, page 101"


Maj 01/03/2006: épidémie de copier-coller:

[...]
Des épidémies de Chikungunya antérieures à 1952 ont pû être identifiées retrospectivement à la lumiére des connaissances actuelles de la maladie. Ainsi, Carey a avancé que certaines épidémies attribuée au virus de la Dengue, était en fait des épidémies de Chikungunya: Le Caire et Batavia-Jakarta en 1779, Zanzibar en 1823 et 1870, l'Inde en 1823, 1824-1825 et 1871-1872, Hong Kong, la Birmanie (actuel Myanmar) et Madras en 1901-1902. La réattibution retrospective de ces épidémies au virus Chikungunya repose d'une part sur la co-existence des virus de le Dengue et de la Chikungunya dans ces régions, et d'autre part sur les descriptions faisant état de douleurs articulaires et de complications à type d'arthrite plus compatibles avec une fiévre Chikungunya qu'avec une Dengue
[...].

Extrait du texte original tel que visible sur ce site et tel qu'il est retranscrit au mot prés sur divers autres sites: Wikipedia.fr, Clicanoo, Chikungunya.net (FAQ modifiée le 02/03/06), REUNIONBYSAT (texte retiré le 03/03/06) , dabreteau.com, DRASS Réunion, chikungunya.gouv.fr


Lundi 20 Fevrier 2006

Les vaccins Chikungunya - LSZ

VEE Vaccine - Salk Institute
VEE Vaccine

Aprés avoir annoncé sur ce site il y a déjà plusieurs mois l'existence du mystérieux vaccin Chikungunya, je vous propose d'en retracer l'historique dans ce document qui sera réguliérement enrichi.

Plusieurs prototypes de vaccin ont été développés. Les vaccins inactivés n'ont semble-t-il pas donné de résultats satisfaisant (je reviendrai ultérieurement sur ce point). Un prototype vaccinal basé sur une souche virale atténuée (Chikungunya 181/clone 25, dérivée de la souche virale thailandaise 15561), a été développé par l'USAMRIID dans le cadre du Programme de Vaccination Spécial (SIP) du Département de Défense américain. Ce programme comportait un versant civil. Ainsi, sous le statut d'Investigational New Drug (IND), il aurait été mis à disposition de personnels travaillant en laboratoire sur le virus Chikungunya. Selon une source autorisée du CDC Colorado (Division of Vector-Borne Infectious Diseases, Fort Collins) contactée par mes soins, ce vaccin ne serait désormais plus disponible ( "However, the no longer offer that vaccine to anyone. so, to my knowledge, there aren't any CHIKV vaccines out there and available. If there was, I'd try to get vaccinated myself!"). Il est évidemment impossible de savoir aujourd'hui ce qu'il est advenu du versant militaire de ce developpement vaccinal, dont l'objet semblait être la protection des troupes avant leur déploiement dans des zones où la Chikungunya est endémique ("Chikungunya Live Vaccine: An attenuated vaccine which prevents fever, headache, and severe joint pain caused by Chikungunya virus. It is designed for administration to military personnel prior to deployment to endemic areas in CENTCOM, PACOM, SOCOM and EUCOM.". Un document récent de l'US Army, daté de février 2006, indique que le seul vaccin connu n'est plus produit et n'est disponible que de maniére trés limitée ("The only known chikungunya virus vaccine is no longer being produced and has very limited availability." ). Un article du Scientist rapportant les propos David Vaughn, directeur du programme des maladies infectieuses de l'U.S. Army Medical Research and Materiel Command de Fort Detrick, indique qu'il resterait des "dizaines de millions de doses" de vaccin toujours en main.
Ce vaccin anti-chikungunya (code TSI-GSD-218) a été testé sur 59 adultes volontaires sains. Sa tolérance a été satisfaisante, et les résultats prometteurs, avec 85 % des sujets vaccinés présentant des anticorps anti-CHIK neutralisants un an aprés la vaccination. Le professeur Robert Edelman lui-même a récemment fait le point sur les vaccins Chikungunya. Ce vaccin ne produit qu'une faible virémie chez les sujets vaccinés, si bien qu'il parait peu probable qu'un moustique s'infecte en piquant un sujet à qui l'on aurait inoculé ce vaccin vivant atténué. De même, il n'a pas été démontré de reversion à un phénotype plus virulent de cette souche vaccinale. Force est de constater que les autorités sanitaires françaises se sont montrées bien mal informées lorsqu'elles assuraient jusque trés récemment qu'il n'y avait pas de vaccin connu (le premier essai date de 1969). Actuellement, cette piste vaccinale connait un regain d'intérêt. Le vaccin américain est actuellement l'objet d'une requalification par les autorités sanitaires françaises, en vue d'une reprise des essais cliniques qui seraient conduits en 2007 tant à la Réunion qu'aux Etats-Unis.
En cas d'échec, les sratégies vaccinales pourraient s'orienter, à moyen ou long terme, vers la réalisation de vaccins génétiques (Réplicons ARN recombinant et clones ADNc). De tels travaux sont menés par l'Institut Pasteur qui a d'ores et déjà mis au point un vaccin recombinant anti-CHIK basé sur un vecteur lentiviral (SIV ?) qui devrait être prochainement testé sur un modéle de souris humanisée, et travaille à la mise au point d'un vaccin recombinant CHIK-rougeole (souche vaccinale pédiatrique contenant une partie du génome du CHIK).

Voir aussi:

U.S. Military Has Chikungunya Vaccine (7 mars 2006)
Hunting a chikungunya vaccine (16 janvier 2007)

Jeudi 16 Fevrier 2006

No comment #3 - LSZ

100,000 cases of chikungunya in Reunion by the end of the week
The president of France's Institute for Development Research (IRD), Jean-Francois Girard, said the outbreak was unprecedented. "This is the biggest epidemic (of chikungunya) ever recorded in the world," he said on Monday.



Extract from the Northern Territory disease control bulletin vol 11, N°3, September 2004

Mercredi 15 Fevrier 2006

Chikungunya virus vaccine availability - LSZ

Excerpt from a document by the U.S. Army Center for Health Promotion and Preventive Medicine, published in February 2006, about Chikungunya virus disease:




The question right now is :
How many doses of chikungunya vaccine are still available ?
More info here

Mardi 14 Fevrier 2006

No comment #2 - LSZ



Chikungunya virus vaccine prepared by Tween-ether extraction
Departement of Hazardous Operations, Division of Veterinary Medecine, Walter Reed Army Institure of Research
Received for publication 8 october 1969

Samedi 11 Fevrier 2006

Chikungunya epidemic: monkeys wanted - LSZ

Chikungunya on Reunion Island: monkeys wanted

One year ago, I escaped my usual ecological niche and my beloved jungle and settled in Reunion island. It has been very successful.
I am now actively searching for a long-term collaboration in order to ensure a sustainable developpement of my activities in the area.
Monkeys are usually appropriate collaborators, but I wonder if I can find some out there ?

Yours faithfully,
Mr Sick N'Gunya

Vendredi 27 Janvier 2006

No comment - LSZ

From 1979 to 1985, my mission was to develop and produce a live, attenuated Chikungunya virus vaccine for human use.
During a routine inventory of virus stocks in September of 1981, we discovered that the only remaining samples of the contaminated Chikungunya vaccine virus ... was missing
... including the mysterious disappearance of the Chikungunya virus
To date, no satisfactory answer to how or why the virus disappeared or where it is , has ever been offered. It is obvious that serious safety and security breaches occured.

Department of Defense Safety Programs for Chemical and Biological Warfare Research:
Excerpts from US Senate hearings about an incident involving missing pathogens from a high-level laboratory ...


Vendredi 20 Janvier 2006

Chikungunya fever epidemic in Reunion Island - LSZ

Chikungunya: I don't know what your problem is ... but I bet it's hard to pronounce
Chikungunya, the Buggy Creek virus

Reunion Island, a french overseas departement with 780,000 inhabitants, is currently suffering an explosive Chikungunya fever epidemic: on mid-january 06, about 10,000 cases had been officialy recorded (unofficialy 40,000), which makes it a major public-health issue.

Chikungunya fever is a mosquito-borne virus disease usually found in Africa and Asia. The native name for the disease is a swahili word which means "that which bends up", because of the stooped posture of those afflicted. Aedes albopictus is the suspected vector of the current outbreak of Chikungunya virus on Reunion island.

Most infections are probably asymptomatic.
After an incubation period of 2 to 4 days, there is a sudden onset of fever and crippling polyarticular migrating arthralgias. During the second to fifth day of illness, a papular or maculopapular skin rash may occur, typically on the trunk and limbs. Most patients recover within a few days. Arthralgias may last several months. Mild hemorrhagic manifestations have been reported (Chik virus is not a cause of severe hemorrhagic disease).
In Reunion Island, several cases of myelo-meningo-encephalitis have been reported, some in neonates with strong suspicion of maternal-foetal transmission.
The diagnosis can be confirmed by Institut Pasteur either by RT-PCR early in illness or serologically after the fifth day of illness.


There is no specific treatment for Chik virus. Anti-inflamtory drugs may releave arthralgia. Chloroquine phosphate has been used for refractory chronic arthralgias.
Prevention depends on mosquito control and decreasing mosquito exposure.

Update January 26, 2006 According to InVS, Chikungunya epidemic is now officialy around 30,000. It is an estimate based on a mathematical model. The number of new cases is increasing very rapidly and is estimated to around 5000 cases for the second week of January 2006. It would not have yet reached a peak. To date, no direct fatal cases have been reported. However, the epidemic seems to have a strong and very bad effect in people with chronic diseases.

Update February 4, 2006 The epidemic has risen to 50 000 cases, with an increase of 15 000 in the past week alone. The chikungunya disease was not previously thought to be lethal, but 25 indirect fatalities are officially reported, mostly in patients with chronic diseases. A previously healthy 10-year-old boy is supposed to be the 1st-ever fatality in the world directly caused by chikungunya fever. On 13 Jan 2006, this young boy awoke and felt a lot of body pain with an acute fever. His grandmother gave him some paracetamol, but the situation rapidly got worse, and he became comatose. He was admitted to Saint Denis Hospital in a critical care unit, where he died within a few hours despite aggressive management. Lumbar puncture and cerebral CT scan did not favor a neurologic chikungunya complication. An extensive search for all possible infectious causes was undertaken by the Institute Pasteur in Lyon, France. Chikungunya virus was the only pathogen found in this case and the only explanation for the death. The family members refused permission for a necropsy, so this is a diagnosis by default.

Update February 17, 2006 As expected, the situation is getting worse. Chikungunya fever has now officially affected more than 110 000 people, with an increase of 22 000 over the past week. Chikungunya fever is cited as a more or less direct cause in 52 death certificates since January 2006. Death rate has increased in 2005, and is apparently increasing in 2006, and it may have to be imputated to the current epidemic.

Update March 11, 2006 The epidemic has now infected 204 000 people, with an increase of 13 000 during the last week. Chikungunya fever is now cited in 125 death certificates. The epidemic seems to be slowing down. According to InVS, Tropical storm Diwa, which struck Reunion Island on March 3rd, could have contribute to this evolution, by temporarily affecting the ecology of Aedes mosquito, vector of the illness.

Update April 6, 2006 The number of people newly infected with chikungunya is decreasing from the high level seen at the beginning of the year (40000 cases a week), although it still remains very high (almost 8000 cases a week). So far, 230000 people have now been infected (29 % of the population) and chikungunya is now cited in 174 death certificates since January 06. HEALTH Minister Xavier Bertrand said that France was exploring two paths that could lead to a vaccine and treatment for chikungunya.

Update May 13, 2006 Although a decreasing trend is reported since mid February 2006, the epidemic is still very active. After 15 months, this outbreak involved 256000 people, and the incidence here remains high with 1500 people infected in the past week. 215 fatalities have been reported since January 2006. Because of a lack of entomological studies, there is no clear evidence at the moment that chemical mosquito control measures put the brakes on the epidemic. Will the austral winter slow down the merry-go-round ? Some have carelessly hoped so in 2005 ! And some have died, while many are still suffering daily, and many more are wondering how long it will take before their turn will come in case the epidemic would take off again next summer.

Update May 23, 2006 Pasteur Institute virologists have worked out the genetic sequence of six samples of chikungunya virus taken from patients throughout the current outbreak, and the E1 coat protein from another 127 patients. The genome sequences analysis showed the Indian Ocean strains are most related to East-African strains. The analysis also revealed several distinct variants. For instance, the virus acquired a change at position 226 of the E1 coat protein (A226V mutation), that could allow the virus to more easily invade and multiply in mosquitoes, which in turn could have contributed to its rapid spread in the late 2005. The researchers also identified three protein changes in non-structural proteins nsP1 (T301I), nsP2 (Y642N), and nsP3 (E460 deletion) that were present in a virus isolated from a neonatal encephalopathy case, but were missing from other classical forms of the disease (More).

Update July 1st, 2006 The situation is worrying. Latest estimated figures in Reunion show that the epidemic is still standing at a high level with 600 new cases in the past week. To date, 266000 people have been infected (34 % of the population), 238 fatalities have been reported (lethal rate is about 0,08 % ). Chikungunya fever epidemic is apparently deepening and accelerating in India. It seems that Chikungunya fever has reached a quasi-pandemic dimension with more than a million people infected during the past 24 months in a large geographic area encompassing the East-African equatorial coasts, the Indian Ocean islands and half of the Indian peninsula.

Update January 14, 2007 The epidemic seems to be coming to an end.
We are now seeing the tail of the epidemic, with number of new cases falling under 20 per week since almost 6 months. No new case has occured since this year. But nobody knows if the epidemic is coming to an end, or if we will see a new increase in cases in the future.

Mercredi 18 Janvier 2006

Vrai ou faux: 30 questions sur la Chikungunya - LSZ

Toutes les réponses sont dans ce dossier chikungunya


Ces questions n'ont pas pour objet de nourrir une polémique ou de susciter la confusion. Les réponses, issues pour la plupart de la littérature médicale, sont à ma connaissance conformes aux données actuelles de la maladie. Le cas échéant, je suis tout ouïe, et disposé à corriger d'éventuelles erreurs ou imprécisions.

Mise à jour du 4 fevrier 2006 consécutive à la demande des lecteurs

Les questions 6 et 14 ont malheureusement dû être mise à jour aprés l'annonce du premier décès possiblement directement imputable à une fiévre Chikungunya

Department of Defense Safety Programs for Chemical and Biological Warfare Research: Hearings...
La question 15 est assez largement reprise sur le net et confirmée par le témoignage du Dr Neil Levitt dans un document officiel du sénat américain, dont des extraits sont reproduits ici; il est possible d'obtenir une copie de ce document dont voici les références bibliographiques:

Title Department of Defense Safety Programs for Chemical and Biological Warfare Research
Author(s) United States. Congress. Senate. Committee on Governmental Affairs. Subcommittee on Oversight of Government Management
Publisher U.S. G.P.O.
Publication Date 1988
Pages 309

Mardi 17 Janvier 2006

Le galet météo du Chaudron - LSZ

Le galet météo du centre météorologique du Chaudron

Je confirme, les prévisions météo à La Réunion, ça ressemble parfois à une bonne blague ...
(image via Météo Ile de la Réunion)

Lundi 16 Janvier 2006

Chikungunya: "moustik pik pa moins" - LSZ

L'Aedes vecteur de l'actuelle épidémie de Chikungunya à la Réunion est un moustique diurne, contre lequel l'utilisation de répulsifs individuels assure une protection insuffisante mais indispensable. Les produits disponibles sont trés variés, et d'efficacité inégale.

  • Les essences végétales
    Il s'agit d'huiles essentielles contenant des terpénes, des aldéhydes et des phénols, dont l'efficacité répulsive et la durée d'action sont faibles (la citronelle pure étant 10 fois moins efficace que le DMP). Seule exception notable, l'eucalyptus citronné (alias citrodiol ou citriodiol ou Eucalyptus citriodora, Mosiguard ®), s'est montré efficace en Amérique du nord.

  • Le DEET (alias diethyltoluamide ou diethylmethylbenzamide)
    Insect écran peau adulte ®

    Formule chimique du DEET
    Destiné à la peau, c'est le répulsif de synthése le mieux étudié. Combiné à l'utilisation de perméthrine sur les vêtements, il assure une protection trés élevée contre les moustiques (c'est le système de protection contre les phlébotomes retenu par l'armée américaine pendant la guerre du Golfe). Appliqué sur la peau, il assure une protection de 4 h en moyenne vis à vis de la plupart des insectes, et résiste bien à l'eau, à la chaleur et aux frottements. On préferera l'utilisation d'EHD chez les jeunes enfants, de rares cas d'encéphalopathie ayant été décrites chez l'enfant aprés utilisation prolongée du DEET. Sa concentration optimale se situe entre 35 et 50 %. Ne pas oublier qu'il s'agit d'un produit toxique: danger en cas d'inhalation (pas de spray sur le visage +++) ou d'ingestion (2 décès).
    DEET microencapsulé:
    Il existe une forme microencapsulé contenu dans des capsules microscopiques faites de polymère. Développé d'abord par la compagnie 3M pour l'armée américaine (marque de commerce Ultrathon ®), sa durée d'action est beaucoup plus longue (plus de 12 heures d'efficacité) et l'absorption du DEET par la peau est diminuée de près de 90%.

  • Le DMP (alias dimethylphtalate)
    Mousticréme ®

    Destiné à la peau, il est peu efficace. La durée de protection est de l'ordre de 2 h, sa concentration optimale est de 40 %.

  • L'EHD (alias ethylhexanediol)
    Insect écran peau enfant ®

    Destiné à la peau, il resiste peu à la chaleur: de 115 minutes à 25°C, sa durée de protection passe à 10 minutes à 40 °C. Sa concentration opimale se situe entre 30 et 50 %. C'est le répulsif habituellement recommandé chez les jeunes enfants malgré sa faible resistance à la chaleur. Il se montre plus efficace que le DEET sur les anophéles.

  • Le 35/35 (alias N butyl, N acetyl-3ethylaminopropionate)
    Cinq sur Cinq ® Moustifluid zones infestées ® Prebutix ®

    Destiné à la peau, son efficacité et sa durée de protection seraient comparables au DEET. Sa concentration optimale est de 20%. Son évaluation parait encore trop limitée pour qu'il soit utilisé en toute confiance.

  • La perméthrine
    Péripel ® SMI ® Mousticologne ®
    Destiné aux vêtements et à l'imprégnation des moustiquaires, elle est trés stable, résiste bien à l'eau, aux frottements et à la chaleur. Son efficacité est de l'ordre de 6 semaines aprés pulvérisation sur les vêtements, et de 6 mois aprés imprégnation sur les vêtements et les moustiquaires. Elle peut résister à plusieurs cyles de lavage (eau chaude + lessive).

  • Le KBR 3023 (alias picaridine ou Bayrepel)
    Insect Ecran special tropique ®

    Il s'agit d'un nouveau produit d'efficacité comparable au DEET dont il a la même configuration spatiale. Il est comme ce dernier, et comme l'essence d'eucalyptus citronné, recommandé par le CDC dans la lutte contre le virus du Nil Occidental (virus West Nile).

  • Bidules inefficaces (source: Les moustiques)
    Les piège lumineux à grille électrique (Bugs zappers), emetteurs d'ultrasons, suppléments alimentaires (vitamine B1 (thiamine), l'ail, la levure de bière ou autres produits alimentaires), et autres bracelets imprégnés de citronnelle n'ont à peu près aucun effet.


En conclusion, chez l'adulte, le DEET est le répulsif le mieux évalué, l'EHD est habituellement recommandé chez les jeunes enfants. L'utilisation des répulsifs de synthése est déconseillée chez les femmes enceintes et les nourrissons. Il convient de toujours prendre en compte le risque d'intoxication, particuliérement chez les enfants.



Dans tous les cas, prenez conseils auprés des professionnels de santé.

Sources:

  1. Mieux utiliser les répulsifs pour se protéger des piqures d'arthropodes - Revue Prescrire 1994; 14 (141) 347-356

  2. Prévention du paludisme chez les voyageurs - Idées forces tirées de la revue prescrire. Mise à jour au numero 267 (Dec 2005) (article en ligne réservé aux abonnés)

  3. LES PIQURES DE MOUSTIQUES Service des Maladies Infectieuses et Tropicales - AP-HM

  4. Protection contre les piqûres - CIMED (<- article tout simplement excellent)

  5. RépulsifsActualisation sur les produits disponibles

  6. Protection individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures d'arthropodes Agence de Santé Publique du Canada

  7. En pratique comment se protéger des piqûres de moustiques ? Synthése des recommendations sur l'utilisation des répulsifs - Ministère de la santé et des solidarités

  8. Bulletin d'information toxicologique, vol. 14, no 2; avril 1998 Innocuité de l'insectifuge DEET

  9. Choix d'un répulsif dans la prévention d'une infection par le Chikungunya à La Réunion



Mise à jour des recommandations (BEH n° 23-24/2006 (juin 2006)) :


Dimanche 8 Janvier 2006

Ça tourne mal - LSZ

Allez, essaye encore

Chers lecteurs confortablement assis derriére votre écran, que diriez-vous d'un petit exercice physique ?

OK, c'est parti: asseyez-vous jambes tendues, puis faites tourner votre pied droit dans le sens des aiguilles d'une montre.
Jusque là, à moins d'avoir fait la connaissance du virus Chikungunya, c'est facile.
Et maintenant, actionnez votre bras droit pour qu'il dessine un 6.
Ah, surprise, on dirait bien que ce sacré pied droit n'en fait qu'à sa tête, et a tendance à inverser le sens de rotation.
Allez, concentrez-vous, ne pensez plus à rien, vous allez réussir.
Dites, franchement, vous ne seriez pas un peu dyspraxique ? En tout cas, vous avez l'air malin ;-)


Mercredi 4 Janvier 2006

Epidémie de Chikungunya: communiqué - LSZ

Philippe ... Philippe ...
Quelle mouche vous a piqué Philippe ... ?


Euuuh, huuum, en effet, ...,
Euh, le chikungunya est une maladie de somalie, qui veut dire "marcher courbé".
Euh, c'est une maladie virale, euh, "dont on ne meurt pas" et qui "ressemble à une grande grippe", euh, qui attaque tous les grippaux, euh, ..
Face à cette maladie qu'est le chikungunya, il convient d'adopter un comportement, euh, prudent, euh ...
Comment faire, euh, comment faire quand on est confronté à cette maladie ?

Euh, d'abord premiére chose, euh, premiére chose, marcher courbé, euh, premiére chose à faire.
Euh deuxiéme chose, euh, euh, vos moustiques, euh, vos moustiques, euh, gardez les chez vous.
Euh , troisiémement, euh, donner à manger, euh, donner à manger à vos moustiques.
Enfin, euh, enfin, derniére chose, euh, ne sortez pas, euh, trés important, ne sortez pas.

Euh, voilà le type de comportement, euh, prudent à adopter face à la maladie.

Euh, enfin, c'est vrai que cette année, euh, le premier janvier tombe le jour de l'an, euh, mais ce n'est pas une contre-indication, euh, ce n'est pas une contre-indication à la prise des suppositoires, euh.

Je tiens, euh, au nom du président Chirac, euh , de tout le gouvernement, à souhaiter à tous les français, euh, et notament, euh, aux reunionnains et aux reunionniaises, euh, une bonne et une joyeuse année 2006


Philippe , ..., Merci


Euh, en effet, merci beaucoup

Samedi 31 Decembre 2005

Fêtons le nouvel an avec la Chikungunya - LSZ

Il n'y aurait selon la DRASS qu'une cinquantaine de nouveaux cas chaque jour. Je vois personnellement environ 5 cas par jour. La toute derniére visite de cette année 2005 était d'ailleurs pour un malade cloué au lit par une vraisemblable fiévre à Chikungunya. Et je sais déjà ce que je trouverai dans la salle d'attente lundi prochain ...

Vendredi 30 Decembre 2005

Cheveux de Pelé - LSZ

Cheveux de Pelé - éruption de la Fournaise le 27/12/2005

Cheveux de Pelé
Eruption de la Fournaise le 27/12/2005


Depuis le début de la semaine, il m'est donné d'observer une curiosité de dame nature, les cheveux de Pelé.
Initialement, j'ai cru qu'il s'agissait de poils de chats. Mais non, ce sont bien des cheveux de Pelé qui recouvrent mon véhicule depuis le début de la semaine. Ces minces fils de verre volcaniques se sont formés au décours de la derniére éruption de La Fournaise. Ils proviennent de fines gouttes de magma qui, étirées lors du jaillissement des puissantes fontaines de lave de l'éruption en cours, ont formé ces minces fils dorés que le vent a dispersé à des kilomètres à la ronde. On en trouve en amas sur le sommet de la Fournaise, et de maniére plus éparse dans le sud de l'île.

Ces cheveux de Pelé sont redoutés par les éleveurs réunionnais:

  • d'une part en raison du risque de voir leur bétail, en broutant, avaler aussi ces cheveux de Pelé, occasionnant irritations, ulcérations voire perforations stomacales et intestinales et la mort de l'animal.

  • d'autre part en raison du surcoût d'exploitation en rapport avec la perte des fourrages contaminés par les cheveux de Pelé.



Mardi 27 Decembre 2005

Quatrième éruption de l'année - LSZ

L'éruption de la Fournaise le 27/12/2005

Eruption dans le rempart du Nez coupé de Sainte Rose
Image par Thomas Staudacher - Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise

La Réunion aime se parer de rouge en cette fin d'année. Et comme si les letchis, les flamboyants, les cardinaux, les soleils couchants et les touristes sur les plages n'y suffisaient pas, le volcan a décidé de compléter la palette des couleurs.

Quatrième éruption de l’année
La lave déferle du rempart - images
Images de l'éruption du Piton de la Fournaise
Webcam du Piton de La Fournaise
Les derniers communiqués de l'Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise
Photos de l'éruption par l'Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise

Lundi 19 Decembre 2005

Vin desamb, fét kaf: une drôle de fête - LSZ

Demain 20 décembre est un jour férié à La Réunion qui fêtera le 157ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage. Drôle de fête où l'on ne sait plus trop qui fête quoi ...



PO SARDA

Kan Sarda l'ariv de Frans
Soidizan po libèr anou
Nout tout zésklav la reprann konfians
La anbras la tèr , la mars aznou
O Sarda toué la roul anou
Ton zoli kozman la trinn anou
Dan la bou

Toué la di fépa dézord
Dofé dann kann sa la pa bon
Sien mésan va pèrd lanvi mord
Mové mèt va ni bon patron

O Sarda toué la roul anou
Ton zoli kozman trinn anou
Dan la bou

Si la tèr groblan ziska zordi
La klos i sone ansanm Véli
Po apèl zésklav konm dann tan lontan
Madam Débassyns lé ankor vivan

O Sarda toué la roul anou
Ton zoli kozman trinn anou
Dan la bou

Zordi zésklav dokèr dann por
Zésklav mason Fané partou
Non lésklavaz lé pa bien mor




A SARDA

Quand Sarda débarqua deFrance
Pour soi-disant-nous libérer
Nous esclaves nous répîmes confiance
Embrassâmes la terre et marchâmes à genoux
O Sarda tu nous a roulés
tes belles paroles nous ont
Les yeux crevé

Tu a dit : pas de bruit
Le feu dans les cannes, ce n'est pas bon
Les chiens méchants perdront l'envie de mordre
Les mauvais maîtres deviendront bon patrons.

O Sarda tu nou a roulés
Tes belles paroles nous ont
Les yeux crevé

Sur la terre des riches aujourd'hui encore
La cloche sonne à l'heure de Véli
Pour appeler les esclaves comme autrefois
Madame Débassyns est encore vivante

O Sarda tu nou a roulés
Tes belles paroles nous ont
Les yeux crevé

Aujourd'hui esclaves dockers au port
esclaves mason un peu partou
Non l'esclavage n'est pas bien mort

Axel GAUVIN


Dimanche 27 Novembre 2005

Billet saisonnier - LSZ

Eu égard à mes quelques lecteurs métropolitains transis par le froid perçant de l'hiver naissant, je me vois dans l'obligation, dans un soucis uniquement altruiste , d'évoquer l'été austral qui s'approche.
Alors voilà, il est 18 heures, vous êtes sur ma varangue, face à l'Océan Indien, bercés par le souffle chaud des alizés ...






Dimanche 23 Octobre 2005

Et merde ... - LSZ

Quand on arrive à Deux Bras, on aimerait croire que plus rien ne peut nous empêcher de franchir la ligne d'arrivée au Stade de La Redoute.
Difficile cependant de continuer avec une vraisemblable lesion meniscale. Le diagnostic est encore incertain, mais s'il se confirmait, ce serait alors peut être mon dernier Grand Raid, snif.


->> En savoir plus sur le Grand Raid 2005

Jeudi 20 Octobre 2005

La météo pour le départ du Grand Raid 2005- LSZ


H-5 avant le départ du Grand Raid, rapide coup d'oeil sur le bulletin de Météo France, histoire de voir si on va en ch**r un peu, beaucoup, passionnement, à la folie ...

Demain matin, un peu de grisaille subsiste encore au lever du jour sur les régions de l'Est avec quelques farines possibles sur les flancs Est et Sud-Est du volcan avant le retour du soleil.
En fin de matinée, les nuages se forment rapidement sur tout le relief.
Dans l'après-midi, les nuages deviennent plus conséquents sur les hauts, les plus hauts sommets restent encore au-dessus des nuages et de belles éclaircies subsistent dans le coeur des cirques. Quelques faibles ondées peuvent se produire de façon localisée sur les hauteurs des Plaines.


Souhaitez moi bon courage, il m'en faudra ...

Vendredi 14 Octobre 2005

Treiziéme diagonale des fous: J-6 - LSZ

Grand Raid 2005

Il y a un paquet de tarés à La Réunion. Tous les ans, il ont pris l'habitude de se rassembler aux aurores dans une petite ville du sud-est de l'île, avec l'idée obsédante de rejoindre au plus vite et à pieds l'autre extrémité de l'île. Une mystérieuse fascination les poussent ainsi à s'élancer dans l'ascension d' un volcan prêt à leur péter à la gueule à tout moment, à franchir 5 crêtes avoisinant les 2000 mètres d'altitude, à grimper, à marcher sans arrêt pendant des heures dans le relief tourmenté et chaotique des Hauts de l'île, à avoir chaud le jour, à avoir froid la nuit, à finir par ne plus savoir si ils ont chaud ou froid, à avoir sommeil, à avoir mal aux pieds puis presque partout, pour finalement retrouver l'Océan Indien au terme d'une diagonale de 140 km.
Pendant des mois ils se sont préparés. Les dimanches matins, ils se lévent aux aurores, puis, chargés comme un baudet, ils partent crapahuter dans les montagnes pour se faire du muscle et des bobos. A moins d'une semaine de leur grand rassemblement, ils ne pensent plus qu'à ça. Pendant une semaine, ce sera riz ou pâtes à chaque repas.
Quel est l'interêt à faire celà ?
Si celà vous intéresse, lisez ceci.

Dimanche 9 Octobre 2005

Chikungunya: une arbovirose d'actualité à la Réunion - LSZ

female Aedes aegypti feeding on a human

Femelle d'Aedes aegypti se nourrissant sur un homme
(Image courtesy of Centers for Disease Control Public Health Image Library)

On attendait la dengue, c'est finalement une autre arbovirose (c'est à dire une virose transmise par des arthropodes hématophages) qui sévit depuis plusieurs mois à la Réunion: la chikungunya.
Cette maladie sévit sur le mode endémique, avec de grandes épidémies en Afrique subsaharienne (Sénégal, 1996 et 1997 ; RDC, 1999-2000), en Asie du sud-est, et dans le sous-continent indien.
Début 2005, une épidémie apparait aux Comores, s'étendant progressivement aux autres iles du sud-ouest de l'Océan Indien (Ile Maurice, Mayotte et à La Réunion). A La Réunion, entre le 28 mars et le 19 septembre 2005, 3631 cas de Chikugunya sont identifiés, dont 980 sont confirmés biologiquement. L'épidémie atteint son apogée dans la semaine du 9 au 15 mai 2005, puis diminue à partir du mois de juillet. Les autorités sanitaires comptaient alors beaucoup sur la baisse des températures au cours de l'hiver austral pour voir s'interrompre la transmission du virus. Il n'en a rien été, le nombre de nouveaux cas reste stable depuis la mi-juillet, et tout le monde redoute une flambée de l'épidémie avec le retour des beaux jours, favorables à la prolifération des moustiques vecteurs de cette maladie.

lire la suite ...

Jeudi 6 Octobre 2005

Créer son blog sur Clicanoo, et renoncer à son droit d'auteur - LSZ

Il y a 3 ans, créer son blog à la Réunion était une activité ultra-confidentielle. Depuis quelques mois, cette activité se structure, se développe et la presse locale n'a pas tardé à s'en faire l'echo.
Surfant sur la vague, le site internet du journal de l'île va plus loin, et propose un espace pour créer son blog trés simplement, en 3 clics. L'idée n'est pas nouvelle, et l'offre pléthorique. Ce n'est semble-t-il pas non plus la premiére plateforme réunionnaise offrant la possibilité de créer son blog. Mais l'idée n'en est pas moins intéressante et aiguille la curiosité du geek.
La premiére impression est plutôt bonne: utilisation de logiciel libre, page valide XHTML 1.0 strict, déjà une dizaine de blogs inscrits, pas mal ...
Je poursuis la visite par le premier clic qui vous conduit sur la page énumérant les conditions générales d'utlisation, et là, la bonne impression a fait un "pschitt". Ces conditions d'utilisation méritent d'être lues avant d'envisager un second clic, puisque elles imposent ni plus ni moins que de renoncer totalement à son droit d'auteur sur les textes et photos que vous envisageriez de publiez sur votre blog, celà au profit de Clicanoo qui pourra eventuellement en faire usage dans ses editions papier et web.
Pour une surprise, c'est une surprise, en voilà qui ont tout compris, ça donne envie !!! Alors, combien de pigeons blogueurs réunionnais prêts à se faire plummer lancer dans l'aventure ?

Mercredi 5 Octobre 2005

Eruption du Piton de la Fournaise - LSZ

L'eruption attendue depuis plusieurs semaines a débuté hier à 14h26 au sommet du piton de la Fournaise, au niveau du cratére Dolomieu.
Comme d'habitude, l'accés à l'enclos est interdit au public. De toute façon, l'éruption n'est visible que du haut du cratére sommitale.

Piton de la Fournaise

Le piton de la Fournaise vu depuis le pas de Bellecombe



Communiqué de l'observatoire volcanologique
Les images de l'éruption
Webcam du Piton de La Fournaise

Dimanche 2 Octobre 2005

Rendez-vous avec la lune - LSZ

Eclipse annulaire du soleil du 3 octobre 2005

La lune sera l'objet de toutes les attentions cette semaine.

En effet, la nouvelle lune qui aura lieu le 3 octobre 2005 à 10h28 UTC (14h28 heure locale) marquera le début du Nouvel An hébreu 5766:
Shana tova ש ה טובה

Les astronomes amateurs quand à eux, focaliseront leur attention ce même lundi 3 octobre sur l'éclipse annulaire du soleil. Celle-ci sera partiellement visible à la Réunion entre 14h58 (heure locale UT+4) et 17h25, avec un maximun à 16h16, la lune occultant 60 % du disque solaire. Il faudra attendre le 1er septembre 2016 pour observer la prochaine eclipse de soleil à la Réunion ; elle sera alors totale.

Enfin, les musulmans rechercheront mardi soir aprés le coucher du soleil le premier croissant de lune marquant le début du mois du ramadan 1426 de l'Hégire:
Ramadan moubarak

Carte du ciel réunionnais le 3 Octobre 2005 à 12h16 UTC
Vue du ciel réunionnais le 3 Octobre 2005 à 12h16 UTC
Circonstances locales pour La Réunion
Protection oculaire et recommandations
Galerie Photos - Eclipse de Soleil


Mercredi 28 Septembre 2005

Séisme de magnitude 2.2 - LSZ

Un séisme modéré de magnitude 2.2 est survenu le 27/09/05, à 15h21 heure locale à une dizaine de kilomètres de profondeur sous le niveau de la mer, à l'aplomb du Piton des Neiges.
Ce séisme survient un an jour pour jour aprés celui qui avait été ressentie dans le sud-ouest de l'île en septembre 2004. Et comme ce dernier, il témoigne de la lente subsidence de l'île sur la croûte océanique.
Ce séisme est sans rapport avec l'activité sismique élevée dont est actuellement le siége le Piton de la Fournaise.

Dimanche 18 Septembre 2005

Déremboursement des médicaments à SMR insuffisant - LSZ

La commission de la transparence vient de réévaluer 245 médicaments parmis les 835 spécialités dont le SMR avait été jugé insuffisant en 2001, et a confirmé un niveau de Service Medical Rendu insuffisant pour 221 d'entre eux, justifiant leur déremboursement par l'Assurance Maladie.

D'un point de vue de Santé Publique, ne plus rembourser les médicaments qui n'ont pas fait la preuve de leur efficacité semble être une attitude frappée au coin du bon sens.
Néanmoins, cette mesure concernera des produits qui, ayant une efficacité certes modeste, n'ont pas de substituts plus efficaces. La question se pose donc de savoir si les conséquences d'un tel déremboursement vont bien dans le bon sens.
Quelle sera en effet l'attitude possible des prescripteurs face à cette nouvelle vague de déremboursement ?

Trois cas se présenteront:

  1. abandon de toute prescription médicamenteuse pour l'affection considérée comme bénigne

  2. poursuite de la prescription non remboursée, en l'absence d'alternative thérapeutique

  3. report de la prescription sur une spécialité aux propriétés +/- équivalentes


La premiére hypothése, bien que non exclue, me parait peu probable.
La deuxiéme pose un probléme dans la mesure ou elle signifie l'inégalité de l'accés au traitement, les patients étant traités en fonction de leurs moyens, et non plus en fonction de leurs besoins.
Reste donc la troisiéme hypothése, qui par exclusion me parait tout à fait envisageable.
Illustrons celà en prenant des exemples concrets de tranferts possibles de prescriptions dans quelques situations trés courantes dans lesquelles ces medicaments au SMR insuffisant sont habituellement prescrits:

  1. Fluidifiants bronchiques et traitement adjuvants des affections bronchopulmonaires

  2. Vasculoprotecteurs et veinotoniques

  3. Sedatifs cardiaques, états neurotoniques

Ces exemples ont été trouvés trés simplement en comparant une base de données médicamenteuse à la liste des spécialités au SMR jugé insuffisant.

Fluidifiants bronchiques et traitement adjuvants des affections bronchopulmonaires

Toutes les fluidifiants bronchiques sont concernés, enfin presque tous: étonnament, l' ambroxol (Surbronc) oral ne serait plus remboursé, alors que sa forme injectable resterait remboursés à 35 % dans les mêmes indications chez l'adulte. Le Pneumorel sirop et cp resterait remboursé à 35 % malgré son SMR insuffisant
Voici quelques exemples de ce que pourraient être les reports effectués pour d'autres spécialités de prescription trés courantes :
coquelusedal terpone NR (non remboursé)
Febrectol suppo NRS enfant adulte 35 %

hexapneumine cp NR
hexapneumine suppo adulte enfants 35 %

acetylcystéine, carbocystéine NR
Pneumorel sirop et cp 35 %

sedatif cardiaque, états neurotoniques
cardiocalm biocarde NR
Strophantus boiron 35 % (homéopathie)

Sympavagol solution buvable NR
sympavagol cp 35 %

topiques en phlébologie
hirucréme NR
cyclo3 créme NR
hamamelis boiron pommade 35 %
paenonia boiron pommade 35 %

veinotoniques
dio 600 Daflon 500 NR
aesculus compose boiron cp, granules, solution buvable boiron 35 %
aesculus compose dolisos granule solution buvable 35 %
aesculus paenonia boiron pommade 35 %
dihydroergotamine cp (dans l'indication Amélioration des symptômes en rapport avec l'insuffisance veinolymphatique) 35 %
hamamelis compose boiron cp granule solution buvable 35 %
hamamelis compose dolisos cp granule solution buvable 35 %
Ikaran (DHE) cp solution buvable 35 %
Tamik (DHE) cp 35 %

On le voit, le transfert de prescription resterait possible, il serait aisé, en conséquence il se ferait. Et il se ferait faute de mieux sur des spécialités au SMR insuffisant: c'est le serpent qui se mort la queue !

Une derniére hypothése n'ayant pas encore été abordée est celle de l'absence de déremboursement de ces spécialités à SMR insuffisant, soit par le maintien d'un taux de remboursement à 35 % , soit par la création d'un taux de remboursement intermédiaire à 15%.

Alors faut-il dérembourser les spécialités au SMR insuffisants ?

Oui, sans aucun doute, mais certainement pas dans ces conditions opaques, incompréhensibles du professionel de terrain.

Mercredi 14 Septembre 2005

La Réunion vue du ciel - LSZ

24 décembre 1999, prenant un peu de recul, 604 km au dessus de l'Océan Indien, un "photographe" traque la venue du pére Noël depuis le hublot de Columbia.

La Réunion vue depuis la navette Columbia

Image courtesy of the Image Science & Analysis Laboratory, NASA Johnson Space Center


19 avril 2001 , à 07h02, à 380 km au dessus de la Réunion, un autre "photographe" pointe le bout de son objectif à la "fenêtre" de la Station Spatiale Internationale.

La Réunion vue depuis Station Spatiale Internationale

Image courtesy of the Image Science & Analysis Laboratory, NASA Johnson Space Center


310 autres clichés haute résolution sont disponibles sur le portail des astronautes photographes

Mardi 30 Août 2005

Saison cyclonique 2005-2006 - LSZ


Les futurs météores pour la saison cyclonique 2005-2006 s'appelleront (l'origine du patronyme figurant entre les parenthéses) :

cyclone Dina 2002

ALVIN (Seychelles) - BOLOETSE (Lesotho) - CARINA (Maurice) - DIWA (Malawi) - ELIA (Madagascar) - FARDA (Comores) - GUDUZA (Swaziland) - HELIO (Mozambique) - ISABELLA (Namibie) - JAONE (Botswana) - KUNDAI (Zimbabwe) - LINDSAY (Maurice) - MARINDA (Namibie) - NADETY (Madagascar) - NYARAI (Zimbabwe) - OTILE (Lesotho) - PINDILE (Swaziland) - QUINCY (Seychelles) - SABINA (Botswana) - TIMBA (Malawi) - USTA (Mozambique) - VELO (Namibie) - WILBY (Seychelles) - XANDA (Madagascar) - YURI (Mozambique) - ZOELLE (Maurice)


Les prévisions de la position et de l'intensité jusqu'à 72 heures seront accessibles sur le site Internet de Météo-France à La Réunion et accessoirement sur la page d'information cyclonique de ce site.

Maj du 06/09/05: début de la saison cyclonique

La saison cyclonique 2005-2006 a démarré avec le premier systéme dépressionaire actif localisé hier soir à 3 710 kilomètres à l’est-nord est de la Réunion.

Dimanche 28 Août 2005

Il y a 60 ans - LSZ

ordonnance du père Raimbault

Un patient m'a confié récemment cette ordonnance, qui lui avait été remise il y a tout juste 60 ans par une célébrité locale.
Maphtol, Bismuth, Opium ... on se croirait au début du 20ème siécle.
Aussi étonnant que celà puisse paraitre, l'opium est toujours présent dans la pharmacopée française.

Vendredi 26 Août 2005

Grand Raid Reunion Edition 2005 - LSZ

Grand Raid 2005

Le 21 octobre 2005 à 02h00, 2500 environ 2000 concurrents prendront le départ de la 13ème édition du Grand Raid de la Réunion, appelé également la Diagonale des fous.
D'aucuns disent qu'il faut être un peu fou en effet pour s'engager dans ce que beaucoup considérent comme étant la course de montagne la plus difficile au monde. Il s'agit de traverser l'île de la Réunion du sud au nord, le long d'une diagonale (d'où le surnom), en une seule et unique étape de 140 km (soit l'équivalent de plus de 3 marathons) avec un dénivelé positif de 8000 mètres (soit l'équivalent de 25 tours Eiffel).
Avec le dossard n° 663, je serai cette année encore sur la ligne de départ le 21 octobre, et sur celle d'arrivée environ 50 heures + tard si tout va bien ...

Mercredi 24 Août 2005

Faille spatio-temporelle dans ma boîte au lettre - LSZ

J'ai reçu aujourd'hui un email envoyé par François-Marie Arouet, né le 21 novembre 1694 à Paris, plus connu sous le nom de Voltaire; je ne résiste pas à la tentation de livrer à mes quelques lecteurs le contenu de la missive:


Cher Lionel,
Mon navigateur est Internet Explorer et ton site s'affiche très bien, contrairement à ce que dit ton mot de bienvenue (« Votre navigateur (Internet Explorer), bien que trés répandu, est aujourd'hui obsoléte. ») sur ta page d'accueil (d'ailleurs, « obsoléte » &#8212; comme « trés » &#8212; s'écrit avec un accent grave).
Bref, je suis très heureux d'utiliser Microsoft Internet Explorer, beaucoup plus rapide que Mozilla Firefox (qui me fait bien chier avec ses onglets à la con).
Qui plus est, je me connecte régulièrement à WindowsUpdate (ah, vous utilisez aussi Microsoft Windows ?), lequel site me permet de mettre à jour mon navigateur préféré.
J'imagine, par ailleurs, que, regardant vos statistiques, vous observez que la plupart de vos visiteurs utilisent le même navigateur que moi ! Tiens donc, moi aussi, sur mon site Web !
Allez, soyez lucide, désinstallez Firefox !
Bien cordialement,
François-Marie Arouet


Damned, un troll s'est égaré dans une improbable faille spatio-temporelle et a fini sa course dans ma BAL.

Jeudi 18 Août 2005

Cardinal - LSZ

Cardinal

C'est une sorte de moineau dont le mâle se pare de couleurs chatoyantes à la saison des amours. Ce specimen avait aussi la particularité d'être particuliérement friand de chips aux oignons ...

Vendredi 12 Août 2005

Operation Pierrefonds - LSZ

Pierrefonds International Airport

La mission du jour, si vous l'acceptez, faire un saut dans l'île voisine qui n'est qu'à 1/2h d'océan ...
Lever précoce pour un décollage prévu à 7h50, ce message s'autodé ... OK j'accepte !

Lundi 1 Août 2005

Chronopost à la bourre - LSZ

Chronopost à la bourre
Un colis chronopost parcourt les 10000 km de Nantes à Saint-Denis (Réunion CEI) en moins de 30 heures, c'est vraiment remarquable. Pour les 97 derniers km séparant Saint Denis de Saint Pierre, no comment !.
Vive le monopole

Mercredi 6 Juillet 2005

Un petit coin de paradis sous un coin de parapluie - LSZ

MontVert sous la pluie

Sous un coin de parapluie sans arrêt tombait la pluie
Dans ce ciel d'hiver tout gris le soleil ragaillardi
Dans une gerbe ouvrit ce petit coin de paradis
Et par le froid transi de cette image je me saisi
De retour au logis à l'heure où tous les chats sont gris
Dans la douceur de la nuit l'heptasyllabe surgit


Lundi 27 Juin 2005

Cilaos, la route aux 400 virages - LSZ

sur la route d'Ilet à Cordes

Le mot Cilaos viendrait du mot malgache Tsilaosa qui signifie l'endroit que l'on ne quitte pas.
En 1927 débuta la construction de la RN 5 reliant Saint Louis à Cilaos. Le relief posa quelques problémes aux ingénieurs qui n'achevérent leurs travaux que quelques 4 ans et 400 virages plus tard.
Je ne les ai pas comptés, mais je veux bien croire qu'ils y sont ...

Dimanche 26 Juin 2005

Réchauffement climatique: La Réunion éléve modéle - LSZ

couverture du rapport de l'ONERC

Paul Vergès, sénateur de la Réunion et président de l'Onerc, présentait le 24 juin 2005 son rapport intitulé "Un climat à la dérive : comment s'adapter ?".
Le réchauffement climatique, dont nous subissons déjà les premiers effets, ne fera que s'amplifier dans les prochaines années. En France, le réchauffement constaté est d'environ 50% plus important que le réchauffement moyen du globe. La température moyenne a augmenté de 1ºC depuis le début du XXe siècle, contre 0,6ºC pour l'ensemble du globe. Si cette tendance devait se poursuivre, ceci impliquerait que le réchauffement annoncé du globe de 2°C (6°C pour les plus pessimistes) se traduirait en France par un réchauffement de 3°C (9 °C).
Peu de choses ont été réalisées afin de prévenir les effets de cette catastrophe annoncée. Selon Paul Vergés, "si on excepte les mesures prises après la catastrophe de la canicule de l'été 2003, force est de constater que rien de significatif n'existe aujourd'hui ."
Ce dernier explique qu'à la Réunion, une politique energétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre est déjà mise en oeuvre. Elle repose sur les atouts indéniables que constituent un généreux ensoleillement, une hydrométrie abondante, des vents d'alizés réguliers, une activité volcanique montrant un potentiel géothermique intéressant.
"Ainsi, toute l'énergie nécessaire aux lycées sera dorénavant fournie par des cellules photovoltaïques éclairées par le soleil. Il est aussi prévu d'équiper toutes les maisons de chauffe-eau solaires et d'installer une centrale géothermique utilisant l'énergie que contient le sous-sol du piton de la Fournaise."
De quoi réjouir Rajendra K. Pachauri, Président du Groupe intergouvernemental d'experts pour l'étude du changement climatique, qui déclarait lors de sa venue à La Réunion le 19 février 2005: "Cette île peut être un modèle de développement durable pour le monde".

Vendredi 17 Juin 2005

Thalassa à la Réunion - LSZ

plage de Grand Anse

Ce soir, Thalassa présentera une émission spéciale consacrée à l'Océan Indien.
L'équipe de Georges Pernoud a choisi de réaliser l'émission sur la plage de Grand Anse, l'une des plus belles plages du sud de l'ile, mais qui "souffre" d'un certain désintérêt des baigneurs !
Trois reportages seront spécifiquement consacrés à la Réunion:
La Réunion des métisses, Les pêcheurs de Langevin, et enfin Le festin des requins.
Voilà, si vous avez une certaine tendance à l'embonpoint, vous savez dorénavant qu'à La Réunion il est trés facile de perdre sans efforts les kilos superflus.

Maj du 25/06/05: polémique aprés la diffusion de l'émission

Le Comité du tourisme de la Réunion s'est inquiété des retombées négatives que pourrait avoir sur le tourisme local le reportage consacré aux requins.
Et pourtant , chacun sait que la probabilité de rencontrer un requin est notoirement plus importante à terre que dans l'océan.

Maj du 28/06/05: et de nombreuses réactions sur cette émission décevante...

Je m'attendais à une découverte de La Réunion
Quel choc !
Révolté
Déçu mais pas choqué
Des pensées légitimes, il y a pas si longtemps
Thalachiasse, le magazine de la m....
Escale à la Réunion - Thalassa - FORUM France 3
Attaques de requins à la réunion ?

Vendredi 10 Juin 2005

Mafate - LSZ


Matin d'hiver,
Cimes nébuleuses,
Végétation fastueuse,
C'était hier.

Vendredi 6 Mai 2005

Seisme de magnitude 5.5 à l'est de Rodrigues - LSZ

seisme du 05/05/05

Un séisme modéré de magnitude 5.5 est survenu le 05/05/05, à 17h12 heure locale, à 320 km à l'est de Rodrigues soit 19.971°S, 66.475°E, à une profondeur estimée de 10 km.
Les seules secousses ressenties n'ont été que celles des octets transitant dans mon navigateur recevant cette information ;-)

(Source: USGS NEIC (WDCS-D))


Lundi 18 Avril 2005

La Réunion des blogs - LSZ

Excellente idée que celle de faire un webring des blog réunionnais.
Déjà 25 blogs répertoriés, ..., dont la plupart m'étaient parfaitement inconnus. Vraiment une trés bonne idée ...
A quand la premiére rencontre des blogueurs réunionnais ???

Mardi 12 Avril 2005

Nombre d'habitant à Thiers - LSZ

Je viens de me rendre compte en jetant un oeil sur mes referers que je spamme google sur la requête "Nombre d'habitant à Thiers". ( j'occupe j'occupais 32 des 35 premiéres réponses )
Promis, juré, craché, j'ai pas fait exprés ... et je vais m'employer à corriger celà !
Voilà, c'est corrigé, ces pages vont disparaitre de l'index de Google dans les prochains jours.

Dimanche 10 Avril 2005

La Réunion vue par Google - LSZ


Si vous êtes anglophones et vous êtes toujours demandé où se situe l'île de la réunion, quelle en est la "capitale", combien de personnes y vivent, quel climat on y trouve, quelle est le taux de change de la monnaie locale, quelles infrastructures portuaires, combien d'aéroports, quel est le point culminant, et bien d'autres choses, Google saura peut-être vous répondre.

Dimanche 6 Mars 2005

Le glouton, c'est pas sorcier - LSZ

Qu'il s'appelle glouton ou carcajou ou ours-moufette ou gulo gulo ou wolwerine ou skunk bear ou hyène du nord, un glouton c'est ça:

glouton



Bon, trés bien, et alors ?
Eh bien, essayez donc d'en trouver un sur le web, par exemple ici ou :-(

Dimanche 27 Fevrier 2005

Ballade entre mer et volcan - LSZ



Samedi 26 février 2005, 20h00, sur le littoral au pied des pentes du Grand Brulé, le volcan de la Fournaise se donne une nouvelle fois en spectacle. Depuis 15h30, une deuxiéme coulée provenant du trou de sable, large de prés de 400 métres et haute d'une dizaine de métres, se deverse dans la mer. Un feu liquide progressant à la vitesse d'un cheval au galop, déferle dans les pentes du Grand Brûlé, avalant la route nationale 2, embrasant la végétation et provoquant de splendides volutes de vapeur rougeoyant dans le ciel. Quelques heures plus tôt, la vierge au parasol avait été retirée de son socle pour la sauver des laves.



Par une nuit de pleine lune pas comme les autres, rythmée par le bruit des explosions du magma rencontrant l'océan, nous nous laissons allés, assis sur les flancs de Dame Fournaise, à la contemplation béate du spectacle envoûtant des premiers jours du monde.



Revêtu de ses plus beaux atours, le volcan fend le ciel d'un superbe clair obscur rose orangé.

Samedi 26 Fevrier 2005

Après la pluie - LSZ




Le tonnerre gronde au loin et menace l'orage.
Pour quelques hirondelles tournoyant dans le ciel,
C'est l'heure de revenir admirer les nuages
Qui couvrent l'océan d'une couche de miel.

Sisowath Ravivaddhana Monipong



Dimanche 20 Fevrier 2005

GeoURL reloaded - LSZ

Le défunt site GeoURL vient de renaitre. Il s'agit d'un repertoire classant les sites selon leurs coordonnées géographiques. Malgré son succés, le site était devenu indisponible depuis mai 2004. Pour s'inscrire dans ce nouveau repertoire, il suffit de "pinguer" GeoURL.info, en prenant soin soit d'ajouter les metatags ICBM de geolocalisation, soit en notifiant manuellement les informations requises.
Voici mes voisins sur le web selon geourl.info (je me sens bien seul ...).

Mercredi 9 Fevrier 2005

XIN NIAN KUAI LE - LSZ


Tôt ce matin, réveil au son des pétards: c'est l'année du coq de bois.


KUNG HEI FAT TSOI 4702
XIN NIAN KUAI LE
GONG XI FAT CHAI

Selon l'horoscope chinois, cette nouvelle période est placée sous le signe du coq, considéré comme l'oiseau de la vertu. Cinq grandes qualités lui sont attribuées : la distinction, la force, le courage, la bienveillance et la fidélité, que l'on retrouve dans la traduction de son nom chinois : You, synonyme et homonyme de bon augure.

Vendredi 4 Fevrier 2005

J'ai 50 invitations Gmail - LSZ

Vous êtes intéressés, c'est par là que ça se passe
(laissez un commentaire et soyez patients ;-) ... )

Samedi 15 Janvier 2005

La réforme du système de santé: un tissu de mensonges - LSZ



Medecine Blues

L'idéologie libérale peut nuire gravement à la santé

Le Ministre de la Santé est un homme heureux, heureux que 3 des 5 principaux syndicats médicaux français aient signé la nouvelle convention médicale, "c'est-à-dire plus des trois quarts des médecins" (comprendre plus des trois quarts des médecins adhérant à un syndicat).
Sûr de son fait, il ignore la contestation qui se fait jour, il ignore la faible représentativité des syndicats signataires (moins de 20 % des praticiens libéraux), il ignore la pétition de prés de 3000 généralistes, il ignore la contestation de nombre de syndicats et d'associations de médecins généralistes, il ignore qu'on ne fait pas de réforme sans l'adhésion des médecins.
A l'occasion de ce premier billet de l'année 2005, j'invite mes lecteurs à se pencher sur la réforme du systéme de santé et à refuser l'évolution vers une médecine qui tend à adapter l'offre de soins non plus selon les besoins mais selon les moyens des patients.

Lionel, médecin généraliste pas heureux.


Alors que le Ministre de la Santé explique sur les ondes qu'il a présidé à la signature d'un accord historique sur le " médecin traitant", à l'heure où va se mettre en place une gigantesque campagne de communication de nature à persuader le public que le but poursuivi est la sauvegarde de l'Assurance-Maladie solidaire, que peuvent faire les acteurs de terrain que sont les généralistes pour alerter l'opinion et révéler que derrière les effets d'annonce dont ce gouvernement s'est fait le spécialiste en matière de cohésion sociale, la réalité nue est toute autre.

Ce qui sera dit aux patients, c'est qu'un nouveau système de santé se met en place, un système vertueux qui les engage à choisir un médecin traitant, essentiellement un généraliste qui les soignera et les aidera à accéder de manière coordonnée aux avis des spécialistes si cela est nécessaire.



Ce qui sera dit aux patients, c'est que ce système mieux coordonné va générer des économies, et permettre de sauver la Sécu.

Ce qui sera caché aux patients, c'est que s'est déroulé lors de ce simulacre de négociation entre le proconsul nommé par le pouvoir en place et les syndicats médicaux les plus opposés à une vraie réforme du système de santé, le dépeçage en règle de la Sécu.


Ce qui sera caché aux patients, c'est que les économies virtuelles chiffrées et attendues ne seront jamais au rendez-vous, car aucun moyen n'a été donné aux généralistes pour s'acquitter de la fonction administrative supplémentaire qui leur est dévolue. Au point que le système du médecin référent, un système de coordinations de soins autofinancé, optionnel, volontaire, choisi depuis 1997 par près de 8000 médecins et de 1.5 millions de patients, associant rémunération forfaitaire pour les généralistes en échange d'une bonne tenue du dossier et d'une formation médicale indépendante des firmes pharmaceutiques, et tiers-payant pour les patients, a été volontairement détruit par les signataires de cette contre-réforme.

Ce qui sera caché aux patients, c'est que les " négociations " ont moins abordé les réelles difficultés de notre système de santé, que les augmentations tarifaires des spécialistes. Aussi justifiées qu'aient pu être les revalorisations des spécialistes de secteur 1 dont les honoraires étaient bloqués depuis de nombreuses années, on peut s'interroger sur le fait que les généralistes, dans leur ensemble, n'obtiennent rien, rien d'autre que la possibilité de pratiquer un abattage à la pièce en voyant disparaître les systèmes de rémunération forfaitaire qui pour la première fois valorisaient le travail fait hors-consultation ( coordination des soins, actions de prévention et d'éducation, formation médicale indépendante, mise à jour des dossiers et des bases de données informatiques, amélioration des pratiques ...)

Ce qui sera caché aux patients, mais qu'ils découvriront rapidement, c'est que cet accord signé entre les syndicats de spécialistes et le porte-parole du gouvernement sous l'égide du Ministre de la Santé et des ses conseillers issus de ces mêmes syndicats de spécialistes, ne met pas en place le système du médecin traitant, mais son contournement. Car une fois les généralistes, faute de moyens, mis dans l'impossibilité de faire fonctionner le système coordonné, l'accès direct au spécialiste sera facturé avec dépassement d'honoraires généralisé.
Au nom d'une mythique " unité du corps médical ", le Ministre a déjà salué cet accord comme la première convention signée depuis dix ans. Alors qu'une convention médicale spécifique aux généralistes a existé pendant toutes ces années, qui les a vus s'investir massivement, malgré les difficultés, dans la maîtrise des outils informatiques, la formation continue, la prise en charge de pathologies complexes, la prescription en génériques puis en DCI, génératrice d'économies pour la Sécurité Sociale comme pour les mutuelles, et donc pour chaque patient, car l'augmentation des dépenses de prescription est l'une des causes majeures d'augmentation de tarif des mutuelles.
Mais cet accord ne concernait que les généralistes, les spécialistes de secteur 1 étant mal défendus, et les spécialistes à honoraires libres refusant de s'investir dans ces accords.

Ici le mépris des hommes politiques issus du sérail pyramidal de l'édifice médical rejoint la logique ultralibérale :
le patient doit enfin comprendre que la santé est devenue une marchandise comme une autre ; il doit savoir, obsession des économistes libéraux " combien ça coûte ? ", et sortir le chéquier doit devenir pour lui une habitude en passant dans la salle de consultation, quand certains rêvaient encore de prise en charge sanitaire solidaire, égale pour tous.

Cette contre-réforme libérale n'offre aux généralistes aucune perspective hormis la course à l'acte, nez sur le guidon. A l'heure où la médecine générale est enfin reconnue comme une spécialité à part entière à l'Université, cette contre réforme pose comme principe la supériorité de la médecine d'organe, de l'homme morcelé, sur la médecine générale, médecine de l'homme considéré dans sa globalité.

Aux jeunes généralistes, elle fera office de repoussoir.
Confrontés à la difficulté de l'exercice quotidien, à la désertification des campagnes par tous les acteurs de santé (généralistes, infirmières, kinésithérapeutes), à la disparition du système du médecin référent qui correspondait en partie à leurs attentes de sortie du seul paiement à l'acte, ils donneront la préférence à des postes salariés ou s'installeront ailleurs en Europe, dans des pays où les politiques savent quelle est la spécificité du médecin généraliste, la prise en charge du patient dans sa globalité, sur le long terme, et non la distribution de bons pour accès au spécialiste.

Aux patients, elle réserve toute sa cruauté, avec la mise en place d'un accès aux soins dépendant des revenus.



A l'industrie pharmaceutique, elle offre un boulevard : entre des généralistes pressurés dont tous les efforts de prescription raisonnée n'auront servi qu'à réévaluer les spécialistes, et des spécialistes à honoraires libres parmi les plus opposés à la prescription hors-marque (DCI et génériques), le coût réel des médicaments va exploser.

Au final, il faudra constater l'échec de cette contre-réforme, en faire porter la responsabilité aux lampistes que sont les généralistes, et ouvrir la porte aux assurances privées, d'un air désolé, en disant que la Sécu, bien malade, n'a pu être sauvée.
Les communicants du Ministre sauront très bien faire.


Texte co-écrit par:
Sandrine Buscail, Président du Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes
Philippe Foucras, médecin généraliste, fondateur du Formindep, collectif "pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients"
Christian Lehmann et Martin Winckler, médecins généralistes et romanciers
Philippe Le Rouzo, Président du Syndicat Départemental des Médecins Généralistes du Morbihan MG56
Franck Wilmart, médecin généraliste en milieu rural

et co-signé par quelques milliers d'autres personnes

Lundi 20 Decembre 2004

L'année 1848 - LSZ

esclaves à La Réunion

L'année 1848 est à la Réunion celle des grands changements. En février, la révolution renverse le gouvernement de Louis-Philippe. Le 24 mai, la Réunion apprend que la République est proclamée. Le 8 juin, le Calcutta, navire arrivant de Bordeaux, apporte la confirmation officielle du changement de régime. Le 16 juillet se répand la nouvelle que l'esclavage est aboli. Le 13 octobre, le commissaire du gouvernement de la République Sarda Garriga arrive à la Réunion, porteur du décret d'abolition de l'esclavage. Sa mission consiste à mettre fin à l'esclavage dans le calme. Soucieux de préserver les intérêts des propriétaires terriens, il différe au 20 décembre la proclamation officielle de l'abolition de l'esclavage, afin de permettre à chaque futur affranchi de contracter bon gré mal gré un contrat de travail. Une page de l'histoire de la Réunion est belle et bien tournée, et cet événement ouvre la voie aux unions inter-raciales entre Libres et Esclaves (interdites avant 1848), au métissage de la population et à la naissance de cette société si particuliére qu'est la société réunionnaise.
Pour la Réunion, le 20 décembre est devenue le jour de la fête de la libération des esclaves, longtemps célébrée en cachette, en comité restreint, à l'insu des autorités. Il faudra attendre le 27 avril 1983 pour lever tous les interdits culturels avec le président Mitterrand qui instaure le 20 décembre jour férié et chômé à la Réunion.

Néanmoins, 156 ans aprés, cette fête devenue pour certains l'équivalent réunionnais du 14 juillet national (fête de la liberté retrouvée), ne saurait masquer le poids douloureux d'un passé encore solidement ancré dans les mémoires et les comportements.

Lundi 22 Novembre 2004

Summertime - LSZ




Summertime .... and the livin' is easy

Mercredi 3 Novembre 2004

Ma diagonale des fous (2/2) - LSZ

Ceci est la suite du récit d'une course de montagne s'étant déroulée à La Réunion du 22 au 24 Octobre 2004.

Samedi 23 octobre 2004, Cilaos, 03h30, réveil


Une voix chuchotte: "Lionel, ..., Lionel". Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Je commence juste à m'endormir ! J'ai froid, recroquevillé sur moi-même, la casquette vissée sur la tête, entiérement recouvert de la tête aux pieds par ma couverture de survie, je ne bronche pas. La voix se rapproche, une main se pose sur mon épaule, me secoue légérement. Non, c'est pas un mauvais rêve, c'est Manu qui me cherche parmi les concurrents affalés sur le sol de la salle de sport de Cilaos. Je sors la tête de mon couchage de fortune: "Qu'est-ce qu'il y a ?" - "On y va déjà ?"
Rapide coup d'oeil sur la montre, il est déjà 03h30, effectivement, il est temps de repartir. J' ai l'impression de na pas avoir dormi. Je range rapidement mes affaires et me dirige vers le refectoir. Rapide coup d'oeil autour de moi: il y a beaucoup moins de monde qu'à notre arrivée. La plupart des concurrents sont déjà repartis. Le doute m'envahit, on n'aurait peut-être pas dû faire une halte aussi longue. J'avale rapidement une puis deux tasses de café bien sucré. La journée sera longue, mieux vaut avaler quelque chose de plus consistant, et je me force à ingurgiter une assiette de pâtes (beurk). Manu va voir les podologues pendant que je squatte une derniére fois les toilettes (maudite diarrhée qui ne me quitte pas).

03h59, départ de Cilaos


Nouveau pointage au départ de Cilaos, Parny a abandonné, Esparon est déjà dans son lit et nous, nous repartons. Nous avançons seul dans la nuit, hésitons sur le chemin à prendre (nous ne connaissons pas la portion du GR menant des anciens Thermes de Cilaos au début du sentier du Taïbit). Physiquement nous nous sentons bien ,et rattrapons sans effort plusieurs groupes de concurrents. Le jour se léve lorsque nous arrivons au point de ravitaillement situé au départ du sentier du Taïbit.

06h00, départ pour le col du Taïbit


Plusieurs dizaines de concurrents se sont attardés au pied du Taîbit. C'est une des difficultés de la journée avec ses 950 métres de dénivelé positif. Un des bénévoles de la course propose de ramener à Cilaos ceux qui souhaiteraient jeter l'éponge. J'ai bien envie de lui dire qu'on s'est pas fait 'c...er' à faire tout ça pour abandonner maintenant !
On ne remplit pas les camels bak (ben oui , y a plus d'eau dans la citerne), et aprés un dernier café bien sucré, on se remet en marche, trés volontaires tant du point de vue physique que moral (on a bien du doubler une quarantaine de concurrents sur les deux derniéres heures, et même si on se fiche du chrono, ça donne des ailes ...).
Aprés environ une heure de marche, on perçoit une odeur de feu de bois. Deux supporters sont sur le bord du sentier, en train de préparer une tisane pays. Ils nous applaudissent, nous interpellent:" Bravo les gars, c'est formidable ce que vous faites." "Tenez, vous prendrez bien un peu de notre tisane, même les premiers en ont pris, on appelle ça l'ascenceur. Avec ça , vous allez monter le taïbit sans effort". Qu'imaginez vous que l'on fasse ? C'était trés bon, merci encore à ces deux sympathiques supporters.
Nous repartons et atteignons le col du taïbit une heure plus tard. Marla est en vue, à environ une demi heure de descente. La journée s'annonce bien, nous sommes montés trés facilement malgré mon probléme de diarrhée. Malheureusement, dans la descente, Manu grimace, une vieille douleur du genou se réveille, nous ralentissons et n'atteignons Marla que vers 09h00.

09h06, arrivée à Marla


Surprenante ambiance que celle du poste de ravitaillement de Marla.
Il y a encore beaucoup de concurrents, il y a de la musique, on y mange, on y boit (et pas que de l'eau), certains fument (et que du tabac à priori ;-) ), beaucoup lézardent au soleil, certains dorment à poings fermés ...
Mon abdomen gargouille, j'investie en urgence les toilettes, visiblement sous dimensionées. L'un est condamné, le deuxiéme déborde, quand au troisiéme, il n'y a plus de chasse d'eau (tant pis pour ceux qui passeront aprés moi). A tout hasard, je passe voir mes confréres du PC médical à la recherche d'anti-diarrhéique: ils sont au refectoir me signale une charmante infirmiére, et de toute façon ils n'ont pas ce que je cherche. Tant pis, je me dirige vers le refectoire, m'innonde de coca et de soupe au vermicelle, fait une orgie de Mars, et, toujours non rassasié, poursuit par une énorme assiette de riz accompagné du désormais traditionel poulet grillé. Repus, je rejoins Manu. Il est allongé sur le sol, comme une vingtaine d'autres concurrents, et commence à s'endormir. Aprés la (mauvaise) nuit que nous venons de passer, il n'est pas besoin de trop se forcer pour s'abandonner à une pause dans un endroit aussi agréable que Marla.
Manu a déjà rejoint les bras de Morphée depuis une dizaine de minutes quand un bénévole de la course nous rejoint, nous et la vingtaine d'autres concurrents :
" Eh, les gars ! Vous devriez sérieusement envisagé de repartir maintenant. Le parcours est beaucoup plus long et plus dur cette année. Il vaudrait mieux ne pas perdre de temps pour repartir, vous risquez de vous retrouvé hors délai avant d'arriver à Saint-Denis".
Mais qu'est-ce qu'il nous raconte celui-là. Voyons, nous avons déjà parcouru 80 km en 29 heures, et il nous reste 31 heures pour parcourir les 60 km qui nous séparent encore de Saint-Denis. On a largement le temps d'arriver dans les délais impartis. Nous sommes plusieurs à le lui faire remarquer, avec plus ou moins de gentillesse selon que l'on ait plus ou moins (bien/mal) dormi la nuit précédente. Il acquiesse et disparait, avec l'air penaud de celui qui vient de se rendre compte qu'il nous emmerde.
10h15, Manu ronfle bruyament depuis plus d'une heure. Cela me gêne un peu de le réveiller, mais bon, il y a encore du chemin à parcourir. Je le secoue, "eh Manu , tu dors ?" ... "Non !". Eclats de rire autour de nous. Il émerge rapidement, étonnament frais. Cette petite sieste l'a bien requinqué. Nous repartons.

10h30, départ pour Trois Roches


Nous reprenons le GR1 , direction Trois Roches. C'est un sentier agréable, sans grandes difficultés, traversant une forêt de Filaos. Nous atteignons une passerelle, et aprés une courte montée, atteignons un col offrant une vue magnifique sur le sud du cirque de Mafate. Le tableau serait idyllique sans ces problémes intestinaux me contraignant de m'arrêter toutes les demi-heures derriére un buisson.
Nous redescendons sur la plaine aux sables qui est en fait un plateau herbeux contrastant fortement avec les paysages que l'on retrouve ailleurs dans le cirque. Enfin, nous rejoignons le lit de la riviére des galets pour atteindre le site pittoresque de Trois Roches.

12h00, arrivée à Trois Roches


Le site de Trois Roche est une merveille géologique unique dans Mafate. Il s'agit d'une dalle de basalte étonnament plate, au travers de laquelle s'écoule par une profonde et vertigineuse fissure la riviére des galets. Nous refaisons le plein d'eau, et repartons. A partir de ce point et juqu'à Deux Bras, Manu et moi n'avons pas la moindre idée de la topographie du terrain que nous découvrons pour la premiére fois à l'occasion de ce Grand Raid. Nous enchainnons plusieurs montées et descentes au gré des ravines, direction Roche Plate. Sur le chemin, nous croisons de nombreux touristes (gros sacs sur le dos, grosses chaussures, coup de soleil, suant sang et eau), croisons quelques mafatais (savates deux doigts, marchant glissant volant sans efforts apparents de pierre en pierre). Les estimations de temps restant à parcourir jusqu'à Roche Plate variaient du simple au double selon que l'on interrogeait les uns ou les autres. On ne savaient jamais vraiment à qui se fier. Enfin, la présence de quelques champs cultivés et des premiéres maisons annonçent la proximité de l'ilet de Roche Plate. Il était temps, je commençais à manquer de papier toilette ...

14h11, arrivée à Roche Plate


Il y a encore beaucoup de monde qui se ravitaille lorsque nous arrivons Manu et moi à Roche Plate. L'ambiance n'est pas sans rappeller celle de Marla avec ces nombreux concurents qui s'abandonnent aux bras de Morphée autour du poste de ravitaillement. Mes problémes intestinaux se rappellent à mon bon souvenir. Les confréres du poste médical ne sont (étonament) pas mieux pourvus que ceux de Marla en anti-diarrhéique. Ils me proposent de me reposer sur un lit picot du poste médical. Je décline cette proposition déguisée à l'abandon. Ce probléme m'em***de depuis le côteau KERVEGUEN, je ferai avec jusqu'à Saint-Denis s'il le faut. Direction le ravitaillement: malgré mes explications, la bénévole ne comprend pas qu'il ne faut pas se reservir de mon gobelet en plastique pour les autres raideurs. Je finis donc par le jeter moi même à la poubelle.
(Note sur l'hygiéne des stands de ravitaillement:
Il me semble qu'il existe quelques problémes d'hygiéne. En fait, celà m'avait choqué dés le premier poste de ravitaillement: les gobelets, fourchettes, cuilléres couteaux en plastiques ne sont pas à usage unique, des raisins secs et du sel diposés en vrac, et dans lesquels ont plongé des centaines de mains dont on doute qu'elles fussent lavées aprés chaque pause pipi (ou autre), constituent autant de sources possibles de contamination qui me paraissent être à l'origine des problémes intestinaux que j'ai rencontré durant la course.
)
Un forestier de l'ONF avec lequel j'entame une discussion, me fait part de son admiration pour nous autres raideurs de fin de peloton, qui en bavons autant que les premiers, mais faisons durer le plaisir 40, 50 voire 60 heures. Il est surpris d'apprendre qu'il reste encore beaucoup de monde derriére nous. Il connait bien la course, y ayant déjà participé 3 fois. Il fait même parti de cette élite capable de boucler l'épreuve en 25 heures. Je le regarde un peu comme un extra-terrestre, moi qui 35 heures aprés le départ, n'ai encore effecué que les 2/3 du parcours.
Il m'annonce 6 heures de marche pour rejoindre Deux-Bras, le prochain grand poste de ravitaillement où nous comptons nous reposer quelques heures Manu et moi, avant d'attaquer le dernier tronçon qui nous conduira à Saint-Denis. Six heures, c'est 2 fois le temps de parcours que j'avais estimé pour arriver à Deux-Bras, ce qui nous ferait arriver vers 21 heures, soit 30 minutes avant l'heure au delà de laquelle nous serions déclarés hors délai et contraint à l'abandon. Six heures pour parcourir 15 km, essentiellement en descente, j'ai de sérieux doutes sur la fiabilité de cette information, quand bien même me vient-elle d'un forestier qui connait Mafate sur le bout des doigts. Nous nous remettons en route, le temps passe vite ... il est déjà 15h15.

15h45, arrivée sur la Bréche


Aprés une demi-heure d'une montée peu raide nous laissant tout le loisir d'admirer le cirque de Mafate, nous arrivons sur La Bréche, formidable belvédére sur le cirque. Il y a quelques années, un cyclone a emporté le sentier à cet endroit, laissant un étroit passage à flanc de paroi, dominant la riviére des Galets située quelques 1000 métres sous nos pieds. Le passage a été sécurisé par l'ONF, avec main courante sur la paroi et même escalier en béton. C'est l'un des points "engagés" du parcours 2004, qui si il ne présente pas de réelles difficultés, ne tolére aucune erreur, sauf à vouloir établir le record absolu de descente la plus rapide dans Mafate. C'est le genre d'endroit où l'on n'a qu'une envie: s'asseoir et s'en mettre plein les yeux. Ce sera malheureusement pour une autre fois. Sans s'arrêter, nous nous engageons dans la descente vers le riviére des Galets, direction ilet aux Orangers. Le calvaire de Manu commence, sa tendinite du genou le fait grimacer un pas sur deux ou presque. Nous décrochons d'un petit groupe de concurrents qui se met à courir.

16h30, arrivée à l'ilet aux Orangers


Manu semble en avoir vraiment bavé dans cette descente sur l'ilet aux Orangers, constitué en partie d'éboulis trés traumatisant pour les articulations qui n'en demandaient pas tant. Il m'annonce qu'il n'ira pas au delà de Deux-Bras. Il m'a déjà fait le coup à Cilaos, aussi je pense encore pouvoir le faire changer d'avis aprés un bon repas chaud et quelques heures de sommeil. Le petit groupe de cabris qui est descendu au pas de course est encore là. En fait, depuis Marla, nous ne faisons que les croiser, se doublant et se redoublant à qui mieux mieux. Ils marchent plus vite mais s'arrêtent souvent. Nous marchons plus lentement mais ne nous arrêtons jamais. Et finalement, nous progressons au même rythme. Aprés une vingtaine de minutes, nous repartons. Le soleil est déjà derriére les montagnes, la température commence à chuter, et nous tenons absoluement à arriver avant la nuit tombée. La descente le long de la canalisation des Orangers est un régal pour les yeux. Aprés environ 50 minutes d'une descente à la queu leu leu sur un étroit sentier, nous rejoignons le lit de la riviére des Galets. Nous marchons dans le lit de la riviére. Aprés environ 5 km et plusieurs passages à guets sur de gros blocs disposés en travers de la riviére, nous arrivons (enfin) à Deux Bras.

18h37, arrivée à Deux-Bras


Les militaires des FAZSOI ont en charge ce poste de ravitaillement que je trouve bien mieux organisé que celui de Cilaos. Manu, trés éprouvé par la descente, jette l'éponge définitivement. Il me faudra donc continuer seul.
à suivre ...

[ Je reprends donc ce récit à la date du 03/09/05, soit plus de 10 mois aprés ma participation au Grand Raid 2004; les souvenirs sont malgré tout encore trés précis ]

A mon arrivée à Deux-Bras, je commençais à être vraiment éprouvé sur le plan physique: fatigue, courbatures, pieds en compote. Ma toute premiére préoccupation, avant même de me restaurer, a donc été de rendre visite aux podologues. Evidemment, je commençais à être vraiment sale; il a donc fallu se rendre préalablement à ce que j'appellerais "l'espace décrassage", c'est à dire une toile de tente de l'armée dans laquelle les militaires avaient amené l'eau courante 'froide', quelques lavabos et du savon. J'éprouvais quelques difficultés à mobiliser encore mes muscles endoloris pour lever une jambe afin de mettre un pied dans un lavabo. Il se trouve que les autres raideurs présent autour des lavabos étaient aussi dans le même cas; on était tous visiblement dans un état de fatigue avancé, ce qui nous amusa et nous rassura aussi sur nos capacités à rejoindre l'arrivée. Aprés une toilette 'sommaire', je me rendis sans tarder dans la tente des podologues. Nouvelle séance de vidage des phlycténes + remplissage par de l'éosine + strapping.
Avec des "pneux neufs", je rejoins Manu au réfectoir; il me confirme son abandon, son genou le faisant visiblement trop souffrir. Je suis déçu pour lui; c'est vraiment "bête" d'abandonner si prés du but.
Je mange donc , puis direction dortoir (des toiles de tente de l'armée et des lits picot (un vrai palace comparé à ce que nous avons eu à Cilaos). Un militaire me demande à quelle heure je souhaite être réveillé; c'est une attention vraiment sympathique, je lui dis 22h45 sans croire un instant qu'il prendra la peine de venir me réveiller à l'heure dite. Effectivement, je ne l'ai jamais revu et j'avais bien fait de compter sur mon alarme pour le réveil.

23h06, départ de Deux-Bras


Aprés 2h30 d'un presque sommeil, je quitte Deux Bras aprés un ultime café trés sucré. Je monte seul dans la nuit noire vers Dos d'Ane. Il n'y a personne sur le sentier, je n'entends aucune activité humaine, et l'idée de faire fausse route commence à se faire obsédante. Elle ne me quittera que lorsque j'aurais rejoint un couple de raideurs, plus d'une heure aprés mon départ de Deux-Bras.

01h57, arrivée à Dos D'Ane


Il n'y a personne à Dos d'Ane ce dimanche matin à 02h00, enfin presque personne: trois militaires sortis de nulle part me saluent sur le bord de la route, m'encouragent. Puis viennent les bénévoles du poste de controle, puis un petit groupe de raideurs que je rejoins avant la montée sur Cap Noir. La montée est décidément plus facile en groupe que lorsque l'on est seul. Ces raideurs sont trés sympathiques. L'un deux remarque qu'il faudra qu'ils achétent des cartes postales pour se faire une idée des paysages qu'ils ont traversé de nuit (Mafate et Dos d'Ane)

03h09, arrivée à Dos D'Ane Stade


Aprés avoir gravi le cap noir et la roche vert bouteille (<- je suis plus trop sûr du nom), on rejoint une nouvelle fois Dos d'Ane et son stade. S'annonce alors la "derniére montée" vers le piton Bazar.
Je pensais qu'il n'y avait plus de difficultés et envisageais d'arriver à Saint-Denis vers 10h00.
En fait, le sentier qui menait à flanc de paroi vers le kiosque de la plaine d'Affouches était "interminable", sans difficultés mais "interminable".
Finalement j'aborde les 13 derniers km du Grand Raid avec l'idée qu'il ne s'agit que d'une formalité puiqu'il n'y a plus que de la descente.
Encore une fois, je me trompais. C'était "interminable".

11h14, arrivée au Colorado


Cette fois-ci, ça y est, l'arrivée est toute proche. D'ailleurs, les bénévoles du "dernier poste de contrôle" nous demandent d'enfiler le tee-shirt officiel (celui avec toutes les pubs sponsors). Je croise un "raideur zombie" qui repart à contre-sens; il n'a pas dormi du tout depuis le départ, il ne sait plus vraiment où il est, ce qu'il fait ni pourquoi il le fait. Dans ces conditions, je l'accompagnerai jusqu'à l'arrivée, la descente du colorado, avec son sol glissant, ses racines aériennes, ses arbres couchés en travers du sentier se révélant un peu dangereuse pour lui.

13h01, l'arrivée au stade de La Redoute , Saint-Denis


On voit le stade bien avant d'y arriver. C'est presque "interminable". Puis on finit par le rejoindre. Je suis presque euphorique (je dois être saturé en endorphines). Je suis preque étonné d'être là, d'avoir terminé ce qui quelques heures avant encore me paraissait interminable. Les organisateurs ont prévu un quart de tour de stade, que j'effectue sous les applaudissements d'un public nombreux, et surtout en compagnie de Baptiste qui semble trés fier de son papa.
Je franchis le ligne d'arrivée, presque dans un état second. Je suis accueilli par une charmante jeune fille qui me remet une médaille, m'embrasse et me félicite.
Ca y est, c'est fini, aprés 57 heures 1 minute et 27 secondes.
Et vous savez quoi ?
J'en ai pas eu assez, alors en 2005 je remets ça ;-)


Temps de course et heure de passage aux différents points de contrôle
Grand Raid, edition 2004
Grand Raid 2004, derniére ligne droite
La météo pour le départ du Grand Raid
Grand Raid 2004: j'ai survécu
Ma diagonale des fous (1/2)
Le Grand Raid avec Clicanoo
Le Grand Raid Réunion - Diagonale des Fous, édition 2005: le journal d'un raideur

Lundi 1 Novembre 2004

Ma diagonale des fous (1/2) - LSZ

Ceci est le récit d'une course de montagne s'étant déroulée à La Réunion du 22 au 24 Octobre 2004

Vendredi 22 octobre 2004


Aprés une nuit trop courte, réveil à 00h30. Sitôt debout, je me force à avaler une grande assiette de pâtes (beurk, mais bon, il y a quand même 140 km).Ultimes préparatifs, ultime vérification du matériel: sifflet, frontale, couverture de survie, ..., OK, tout est là. Et voilà, c'est parti, direction le Baril pour un départ prévu à 04h00. Sur la route, on croise déjà de nombreux concurrents, aisément reconnaissables par leurs tee-shirts officiels jaunes citrons.

01h30, arrivée au Baril


Le départ n'a lieu que dans 02h30, mais déjà de nombreux concurrents sont sur places. Et moi qui pensait être trop en avance. Je me dirige vers le premier point de contrôle, pour une vérification du matériel et un premier pointage. Chouette, il y a déjà un point de restauration: café chaud et sandwich jambon beurre me font oublier l'infâme assiette de pâtes. Je retrouve Manu, Daniel et Greg: oulà, ils pétent la forme.
Au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'heure du départ, le stade s'emplit, et l'ambiance commence à devenir "électrique". Sagement, nous nous plaçons au plus prés de la ligne de départ. Les organisateurs et le maire de Saint Philippe adressent leurs derniers encouragement à tous ces fous, puis ensemble, nous comptons à haute voix sur un chronométre géant les dix derniéres secondes précédant le départ: 10, 9, 8, 7 , 6 ...

04h00, le départ


5, 4, 3 , 2, 1 C'est parti. Formidable, ça pousse fort derriére, ça pousse fort sur les côtés, tant et si bien que je suis soulevé de terre et effectue mes 15 premiers métres de course littéralement porté par la foule. Trés vite, la foule compacte des raideurs s'étire en un long ruban, sous les applaudissements des Saint-Philippois trés matinaux. Ca court déjà trés vite, ça double sur les trottoirs, et je dois me forcer pour résister à la tentation de suivre tous ces raideurs. En quelques minutes, je me fait doubler par plusieurs centaines de concurrents. C'est de la folie, ils savent qu'il reste encore 140 km ? On quitte la RN2 et on s'engage sur la route forestiére de Mare Longue. L'ambiance s'apaise au fur et à mesure que la pente s'incline légérement; déjà certains concurrents semblent payer un départ trop rapide. Je me retourne, stupeur, il n'y a presque plus personne derriére moi, je suis parti trop lentement, c'est pas bon, je vais bientôt me retrouver dans les inévitables bouchons du GR2 menant au volcan, et je risque alors de prendre vraiment trop de retard. Je décide de forcer un peu le train, et me voilà à mon tour en train de redoubler tranquillement plusieurs groupes de concurrents. Aprés une heure trente de marche, le jour se léve, je reconnais devant moi la silhouette de Manu: c'est cool, je me sentais pas trop de continuer à marcher seul. Greg et Daniel sont partis comme des fusées, on ne les reverra plus.

06h30, arrivée au kiosque des Camphriers


Plus de 2 heures pour faire les 16 premiers kilométres. Fini la belle route forestiére large et peu pentue. On mange, on boit, on refait le plein des camels bak, et on attaque la premiére difficulté du grand raid: 5 km d'un sentier étroit et sévérement pentu dont je n'ai pas gardé un trés bon souvenir lors de mes courses d'entrainement: je redoute un peu l'asphyxie dans les presque 2000 métres de dénivellé positif qui nous séparent de la route du volcan. Rapidement, je m'aperçois qu'il n'en sera rien: 2000 raideurs sur un sentier d'environ 1 métre de large, ça crée des bouchons. On n'avance que trés lentement à la queue leu leu, il est trés difficile et preque inutile d'essayer de doubler. On subit bon gré mal gré le rythme décidément trop lent et les nombreux arrêts. Manu se réjouit de la situation: "on va péter la forme dans la Plaine des sables".

09h30, arrivée à Foc Foc


Manu avait raison, on s'est bien économisé dans la montée sur Foc Foc, et on aborde la Plaine des sables dans d'excellentes conditions. J'ai bien envie de courir un peu, mais il reste encore pas mal de chemin à parcourir. Ca serait bête de se griller avant l'arrivée à Cilaos. Finalement, on décide de rester sur un rythme pépére.

11h40, arrivée sur la route du Volcan


On aura mis le temps, 7h40 pour faire les 30 premiers km. On arrive au premier gros point de ravitaillement. Coca, soupe aux vermicelles, jambon beurre, on refait le plein du camel bak et on repart sans trop tarder vu qu'on se sent vraiment bien. Au loin, on aperçoit un mince filet de coureur qui grimpent sur le point culminant du parcours, l'oratoire Sainte Thérése culminant à 2400 métres. L'ambiance est trés sympa, il y a énormément de monde qui s'est déplacé au volcan pour encourager les raideurs: "Vas-y Manu, Bravo, vas-y Lionel" s'exclament certains supporters. Ca fait chaud au coeur. La montée sur l'oratoire Sainte Thérése, puis la descente sur le piton Textor, puis le châlet des Pâtres ne sont qu'une formalité. Je me surprends de tant d'aisance. Au loin on apercoit la RN 3. Bonne surprise, les averses prévues par Météo France n'ont pas eu lieu.

15h30, arrivée sur la RN3


Eliane, Erwan et Baptiste sont comme prévu au rendez-vous. Je change de tee-shirt, de chaussettes, et un petit vent frais me convainc d'abandonner mon cuissard pour un collant. J'informe Eliane qu'on n'arrivera probablement pas avant dimanche matin. Dernier bisou et c'est reparti. Je commence à m'inquiéter de l'état de mes pieds: pas de grosse douleur mais la perception trés distincte d'au moins deux phlycténes sur chacun des talons me font craindre le pire pour les heures qui viennent.

15h51, arrivée à Mare à Boue


Les militaires des FAZSOI ont pris en charge le point de ravitaillement de Mare à Boue. De trés nombreux concurrents ont fait une halte: l'ambiance est chaleureuse, la soupe au vermicelle vraiment bienvenue, et l'odeur du poulet grillé irrésistible aprés 50 km de course. Aprés une halte d'environ 40 minutes, on se force un peu pour repartir. Manu me fait part de ses craintes: la montée sur le coteau Kerveguen en pleine nuit ne lui a pas laissé un excellent souvenir lors de ses marches d'entrainement. On verra bien, c'est reparti; l'organisation a prévu un contrôle des sacs pour s'assurer que chaque concurrent dispose bien de sa frontale, de piles de rechange, du sifflet, de la couverture de suvie: effectivement, l'avenir montrera que ce dernier accessoire peut être bien utile. Commence alors une montée sur le coteau maigre tandis que le soleil décline, que le froid se fait plus cuisant, et que les premiers symptômes se font sentir d'une diarrhée qui m'occupera bien dans les 48 prochaines heures. Aprés deux heures de marche (et deux arrêts dans les buissons), nous progressons lentement et n'avons toujours pas franchi le coteau maigre. Le brouillard, le froid , la nuit et le crachin entame le moral des concurrents qui forment spontanément des petits groupes fort sympathique ou chacun fait part de son empathie pour les plus affectés. On passe quelques échelles et enfin on arrive sur le coteau Kerveguen. J'ai enfilé tous les vêtements dont je dispose, ainsi qu'une paire de gants et malgré celà, j'ai froid. Il pleut, il fait nuit, le brouillard se fait plus dense. Pour la premiére fois de la course, j'envisage l'abandon. Mais pour l'instant , il n'y a pas le choix, il faut impérativement continuer et rejoindre Cilaos.

20h00, arrivée au point de ravitaillement de Kerveguen


Ca faisait bien 10 minutes qu'on entendait tous ronronnait le moteur du groupe electrogéne, et qu'on attendait impatiement d'arriver sur le point de ravitaillement. Enfin , le voilà qui apparait brutalement aprés un dernier talus. Nouveau pointage, et pour la premiére fois , l'expression du bénévole qui m'accueille d'un chaleureux "Bravo Lionel" me fait dire que je dois être physiquement bien marqué par la course. On m'invite à prendre un bol de soupe au vermicelle. J'en prends un deuxiéme, un troisiéme, ..., rien à faire, le froid m'envahit. Manu est lui ausi trés marqué. Une bénévole lui demande: "Vous n'avez pas de vêtements chauds ?", et Manu de répondre en claquant les dents: "si, si, dans mon sac d'assistance, ..., en bas, ..., à Cilaos !" On lui propose de se recouvrir d'un sac poubelle. Aprés une demi-seconde d'hésitation, un trou pour la tête, deux trous pour les bras, et le voilà revêtu d'une superbe combinaison high-tech: "merci, c'est ma taille !"
Je reconstitue mon stock de papier toilette. Le froid est insupportable, aprés un dernier bol de soupe, Manu et moi repartons sans délai, direction Cilaos. S'ensuit alors 1h30 d'une vertigineuse descente de prés de 1000 m sur la capitale des lentilles, que l'on distingue trés clairement à travers la brume. Aprés une succession d'échelles toutes plus "casse-gueule" les unes que les autres, nous arrivons sur Bras Sec et le ravitaillement de Mare à Joseph. Cilaos parait tout prés, mais petite surprise de l'Organisation, il reste encore 8 km et une centaine de métres de dénivellé positif (et autant en négatif) à franchir au niveau de la Ravine de Bras de Benjoin. Agréable surprise, je me suis refais une petite santé dans la descente de Kerveguen. Aprés une heure de marche, nous rejoignons enfin Cilaos sous les encouragements de supporters encore présents malgré l'heure tardive.

23h00, arrivée à Cilaos


Déjà 19 heures de course et 70 km, nous arrivons à mi-parcours, nous atteignons le principal point de ravitaillement du Grand Raid, la salle de sport du stade municipal de Cilaos. Il y a foule, tant au niveau des concurrents que des bénévoles. Je me dirige sans attendre vers le stand des podologues. Et c'est avec une certaine appréhension que j'ôte mes chaussures et mes chaussettes. Ouf, plus de peur que de mal: j'ai deux énormes ampoules sur les talons, une sur le petit orteil et quelques points d'échauffement, mais l'essentiel est là, j'ai réussi à préserver l'intégrité cutané de mes pieds. Le podologue s'applique à "vider" les ampoules de leur lymphe, puis d'y injecter de l'éosine; il recouvre le tout d'un pansement hydrocolloide, solidement maintenu par un strapping, et m'invite à faire refaire celà à Deux Bras.. L'avenir montrera que celà est diablement efficace. Je rejoins Manu, on se restaure, et on décide de repartir le samedi matin à 04h00. On zappe sur la douche (ça fait longtemps qu'il n'y a plus d'eau chaude, et il vaut mieux éviter de mettre en contact nos plaies avec le bouillon de culture que constitue le sol des douches aprés le passage de plusieurs centaines de concurrents). On se couche donc pas trés frais. Il y a tellement de monde que l'on se contentera d'un couchage sommaire à base de "nattes" en carton, jetées à même le sol, enveloppés dans nos couvertures de survie.
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Dimanche 24 Octobre 2004

Grand Raid 2004: j'ai survécu - LSZ

médaille du Grand Raid 2004

Aprés 57 heures 1 minute et 27 secondes, j'ai enfin atteint la ligne d'arrivée.

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Jeudi 21 Octobre 2004

La météo pour le départ du Grand Raid - LSZ

Les semis raideurs devraient connaître une journée assez agréable, même si le temps se couvre au fil des heures.

Pour les plus fous qui traversent toute l'île, la montée au volcan se fera sous la grisaille et des averses qui cependant ne seront pas trop fortes.

En altitude sur Foc-Foc et le coteau Kerveguen le vent soufflera dans la journée. Le ciel restera gris. D'un autre côté les températures ne seront pas trop dures à supporter. Au petit matin à la plaine des sables elles atteignent 7°C à l'arrivée des premiers coureurs et 13 en journée. A Cilaos, elles atteindront 21°C en journée.

Source :Météo France


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Mardi 19 Octobre 2004

Grand Raid 2004, derniére ligne droite - LSZ

Parcours du Grand Raid 2004

Ca y est, j'y suis presque. Depuis le début de la semaine, je ne pense plus qu'à celà. Aprés une ultime course d'entrainement dimanche dernier, quelques derniers achats de matériels high-tech, j'irai demain retirer mon dossard ainsi que les tee-shirts et casquette officiels, au stade de La Redoute à Saint -Denis.
Et ce vendredi à 04h00 précise, au Cap Méchant (du côté de Saint-Philippe), je prendrai le départ comme 2200 autres raideurs.
Devant moi, 140 km et 8000 métres de dénivelé positif me sépareront du stade de La Redoute.

Souhaitez moi bon courage, il m'en faudra ...


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Commentaire

Jeudi 7 Octobre 2004

Le risque requin à la Réunion - LSZ

Requin bouledogue

La présence de requins à proximité des côtes réunionnaises est une réalité qui s'impose réguliérement à quelques malheureux. On recense ainsi en moyenne plus d'une attaque par an, ce qui, rapporté au nombre d'habitant, place la Réunion comme la deuxiéme zone la plus à risque dans le monde, juste aprés Hawaï. Si l'on rapportait le nombre d'attaque au kilométre de plage, le constat serait sans doute encore plus édifiant. Ces attaques sont mortelles dans 58 % des cas, chiffre largement supérieur à la mortalité moyenne mondiale qui n'est que de 13,2%.
Ces particularités réunnionaise sont souvent ignorées par les touristes. Il faut dire que ce type d'information n'est pas vraiment mis en avant. On note bien, sur quelques plages, des panneaux signalant une baignade dangeureuse. Mais aucune information n'est donnée lorsque, comme tout récemment, un baigneur croise, de maniére trés inattendue, deux redoutables requins bouledogue sur l'une des plus belle et plus fréquentée plage de l'île.
A dire vrai, le risque est plus élevé de croiser un requin sur la terre ferme, ..., du genre à se risquer à occulter certaines réalités afin de ne pas trop effrayer le touriste !

Plus d'infos sur le risque requin à la Réunion:

Quelques chiffres
Attaques de requins à la Réunion
Connaissance de l'animal
L'attaque de requin décrite par l'un des bodyboarders

Mardi 28 Septembre 2004

Séisme de magnitude 2.3 - LSZ

Un séisme de magnitude 2.3 sur l'échelle de Richter a été enregistré hier, 27 septembre 04, à 9h56 dans le sud-ouest de l'île, au large des Avirons. Ressenti par la plupart des habitants, ce séisme est sans rapport avec l'éruption en cours, et n'est que le témoin de la lente subsidence de l'île sur son socle océanique.
La Réunion est en effet un immense systéme volcanique posé sur le plancher de l'Océan Indien, et dont la partie émergée ne réprésente que 3 % du volume de l'ensemble du systéme. La partie immergée est constituée d'un cône applati d'un diamétre d'environ 210 km à sa base, reposant par 4000 métres de fond sur la croûte océanique. L'île en elle même présente une forme grossiérement elliptique de 70 km x 50 km, atteignant 3070 métres d'altitude au sommet du Piton des neiges.
La hauteur totale de l'édifice est donc supérieure à 7000 métres, ce qui fait de la Réunion le deuxiéme systéme volcanique le plus haut du monde aprés la grande Ile d'Hawaï et ses 9000 métres.
L'édification du systéme à débuté il y a environ 1,8 millions d'années à l'est de l'actuel Piton de la Fournaise par une activité volcanique intra-plaque ayant permis l'édification du volcan des Alizés. L'activité de cette structure s'est développée jusqu'à il y a 0.4 millions d'années et a donné naissance à un édifice qui a pu atteindre 2000 métres d'altitude., dont l'essentiel a été détruit au cours de grands glissements de terrain affectant les flancs de la structure. Sur ces sédiments volcaniques vont progressivement s'édifier au cours des 500000 derniéres années le piton des Neiges et le piton de la Fournaise qui constituent aujourd'hui l'essentiel de la partie émergée du systéme. Une activité de démantélement par glissement des flancs, combiné à l'action de l'érosion a donné à la Réunion sa structure géologique actuelle:

  1. les cirques résultant d'effondrements verticaux de grande ampleur autour du Piton des Neiges, mettant à nue la chambre magmatique, constituant des structures uniques au monde

  2. les caldeiras cernant le piton de la Fournaise, résultant d'un phénomene combiné de subsidence pure en amont (à l'ouest) et de glissements en aval (à l'est), ayant successivement engendré la caldeira du Morne Langevin, la caldeira de la plaines des sables, et enfin la caldeira de l'enclos Fouqué, ces trois structures étant donc systématiquement ouverte vers la zone d'aval, l'est.


L'ensemble de ce systéme, d'un poids considérable, et reposant sur une base sédimentaire relativement instable, est donc le siége d'une activité sismique réguliére, soit par inflexion de la croute océanique sous le poids de l'île, soit par la survenue de glissements de pans entiers de flancs du volcan dans l'océan (le dernier événement majeur, datant d'environ 4500 ans, constitué par le glissement d'environ 80 km3 de terrain dans l'océan et à la constitution de l'ouverture béante du Grand Brulé sur le flanc est de la Fournaise), soit enfin en rapport avec l'activité éruptive du piton de la Fournaise.

Vendredi 24 Septembre 2004

La dengue à l'assaut de la Réunion - LSZ

Aedes albopictus

La dengue est une maladie virale transmise à l'Homme par un moustique. L'incidence de cette maladie ne cesse de croître dans le monde avec des formes graves de plus en plus fréquentes. La maladie est présente dans l'Océan Indien où elle a été à l'origine de plusieurs épidémies dont la plus récente est celle survenue aux Comores en 1993. La Réunion a été atteinte par une épidémie en 1978, touchant 1/3 de la population. Un des vecteurs de la maladie, l'Aedes albopictus, trés facilement reconnaissable par son aspect zébré noir et blanc, est omniprésent à La Réunion.
En avril-mai 2004, 134 cas sporadiques suspects de dengue ont été signalés, dont 109 ont été confirmés biologiquement, essentiellement dans les communes de l'ouest de l'île (le Port, La Possession et Saint-Paul). Prés du quart des malades avaient été hospitalisés, 19 avaient présenté une forme grave (dengue hémorragique), aucun décés n'avaient été à déplorer.
Avec la fin de l'hiver austral, de nouveaux cas étaient prévisibles et se sont confirmés ces derniers jours.
Dans ce contexte, une nouvelle épidémie de dengue à la Réunion est possible, avec des conséquences catastrophiques sur le plan sanitaire, économique et environnementale.

lire la suite ...

Dimanche 19 Septembre 2004

Le Piton des Neiges - LSZ

Le Piton des Neiges


La lumiére s'éveille à l'Orient du monde.
Elle s'épanouit en gerbes, elle inonde,
Dans la limpidité transparente de l'air,
Le givre des hauts pics d'un pétillant éclair.
Au loin, la mer immense et concave se mêle
A l'espace infini d'un bleu léger comme elle,
Où, s'enlaçant l'un l'autre en leurs cours diligents,
Sinueux et pareils à des fleurs d'argent,
Les longs courants du large, aux sources inconnues,
Etincellent et vont se perdre dans les nues;
Tandis qu'à l'Occident où la brume s'enfuit,
Comme un pleur échappé des yeux d'or de la Nuit,
Une étoile, là-bas, tombe dans l'étendue
Et palpite un moment sur les flots suspendue.
Mais sur le vieux Piton, roi des monts ses vassaux
Hôte du ciel, seigneur géant des grandes Eaux,
Qui dresse, dédaigneux du fardeau des années,
Hors du gouffre natal ses parois décharnées,
Un silence sacré s'épend de l'aube en fleur.
Jamais le pic glacé n'entend l'oiseau siffleur,
Ni le vent du matin empli d'odeurs divines
Qui vit dans les palmiers et les fraîches ravines,
Ni parmi le corail des antiques récifs,
Le murmure rêveur et lent des flots pensifs,
Ni les vagues echos de la rumeur des hommes,
Il ignore la vie et le peu que nous sommes,
Et calme spectateur de l'éternel réveil,
Drapé de neige rose, il attend le Soleil.

Leconte De Lisle



Mardi 7 Septembre 2004

Grand Raid Reunion Edition 2004 - LSZ

Grand Raid édition 2004

La 12ème édition de « la Diagonale des Fous » (Le Grand Raid de La Réunion) se déroulera le 22, 23 et 24 octobre 2004. Il s'agit de la plus longue course de montagne du monde ( 140,2 km soit l'équivalent de plus de 3 marathons) avec un dénivelé positif de 8000 mètres (soit l'équivalent de 25 tours Eiffel).
Le départ du Grand Raid se fera à Saint Philippe , au sud de l'île, vendredi 22 octobre à 4 heures du matin, au bord de la mer. Arrivée au stade de la Redoute, à Saint-Denis, pour des retrouvailles avec l'Océan Indien. Entre les deux, 5 crêtes avoisinant les 2000 mètres d'altitude, dont le point culminant de la course (situé à l'oratoire Sainte Thérése) est à 2411 mètres.
2500 concurrents prendront le départ (dont 300 dossards attribués aux sponsors officiels, bénévoles de l'association et leaders et locomotives de la course, les 2200 autres dossards répartis en 1200 dossards réservés aux résidents Réunion et 1000 dossards aux "extérieurs"), et j'en serai, avec le dossard N° 1608.
Le premier mettra moins de 20 heures, le dernier moins de 60 heures (maximum autorisé).
Et moi ?

Le parcours du Grand Raid 2004
Le Grand Raid édition 2004: le journal d'un raideur
Grand Raid 2004, derniére ligne droite
La météo pour le départ du Grand Raid
Grand Raid 2004: j'ai survécu
Ma diagonale des fous (1/2)
Ma diagonale des fous (2/2)
Le Grand Raid avec Clicanoo



Commentaire

Lundi 6 Septembre 2004

Claiming my feed at Feedster - LSZ

No Need to Click Here - I'm just claiming my feed at Feedster


Samedi 4 Septembre 2004

Début de la saison cyclonique 2004-2005 - LSZ

La saison cyclonique débute trés tôt cette année, avec la premiére dépression tropicale suivie par le CMRS de la Réunion.

Les futurs météores pour la saison s’appelleront:
Arola, Bento, Chambo, Davika, Ernest, Felapi, Gérard, Hennie, Isang, Juliet, Kalo, Lilian, Madi, Neddy, Ouledi, Patricia, Qiqita, Ramon, Sopani, Tina, Ula, Vera, Willem, Xaoka, Yelda et Zuze.

information cyclonique

Jeudi 26 Août 2004

Invitations Gmail - LSZ

J'ai quelques invitations Gmail.
Celui ou celle qui souhaite obtenir un compte n'a qu'à laisser un commentaire avec son adresse email (indispensable).

Maj du 03/09/2004
Il me reste encore quelques invitations Gmail ...

Maj du 12/09/2004
Il me reste  6  5 invitations Gmail ...

Maj du 16/09/2004
Il me reste encore  5   3   2   6  5 invitations Gmail ... personne n'en veut ?

 Il me reste encore  5   4   3   2  1 invitation Gmail 
C'est fini, il n'y a plus rien

Mise à jour 3 fevrier 2005
J'ai encore quelques invitations Gmail, à vrai dire j'en ai même une tripotée: 50, oui vous avez bien lu, j'ai 50 invitations Gmail %-)


Mise à jour 12 fevrier 2005
Il semble que mon stock d'invitation se reconstitue au fur et à mesure que je les distribue; j'en ai 50 quasiment en permanence, donc ceux qui souhaitent obtenir une adresse savent ce qu'il faut faire ;-)

Mise à jour 3 septembre 2005
J'ai désormais 100 invitations Gmail renouvelables; je suis toujours étonné qu'il y ait encore des gens qui en demandent ...


Commentaire

Vendredi 13 Août 2004

Eruption nocturne du Piton de la Fournaise - LSZ

éruption du Piton de la Fournaise

Depuis plusieurs jours, la sismicité enregistrée par l’observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise ne cessait d’augmenter, témoignant d'une probable éruption à bréve échéance.
Hier soir à 2 heures 40, le Piton de la Fournaise est entré en éruption à l'intérieur du cratére Dolomieu. Les coulées de lave se dirigent vers l'est et sont visibles depuis Piton Sainte-Rose.
L'éruption provoque la présence d'un halo rougeoyant au dessus du volcan, actuellement visible en direct sur la webcam du piton de La Fournaise.

Les images de l'éruption du 12-13 août 2004

Maj du 24/08/2004: Poursuite de l'éruption, la mer en vue

L'éruption débutée le 13/08/2004 progresse lentement mais sûrement. Elle a atteint la Route Nationale 2 dans la matinée du 22/08/2004, la traversant en deux endroits, et continue sa progression vers l'océan dont elle n'est plus distante que de quelques centaines de métres.
Le front de la coulée principale, large d'une centaine de métres, pourrait atteindre la mer dans quelques heures si l'activité du Piton de la Fournaise se maintient. Deux autres bras de coulées situées plus au sud, ne progressent que lentement.
Des barrages sont disposés à bonne distance des coulées

, afin d'essayer de contenir la foule nombreuse venue pour admirer le spectacle.
L'enclos, interdit au public depuis la veille de l'éruption, serait réouvert dés demain dans sa partie haute, afin de permettre l'accés au sentier faisant le tour des cratéres Bory et Dolomieu.
La lave présente des caractéristiques inhabituelles, qui la différencient nettement des coulées en graton de ces dernieres années. Il s'agit d'une lave cordée, assez fluide, trés lisse, de couleur argent, épaisse de quelques dizaines de centimétres sur le front, trés semblable à celle qui est habituellement observée lors des éruptions des volcans hawaïens.

Maj du 27/08/2004: la lave se déverse dans l'océan depuis 48 heures

l'éruption d'août 2004 atteint la mer

Maj du 01/09/2004: une deuxiéme coulée atteint l'océan

L'activité du Piton de la Fournaise ne faiblit pas. Deux semaines aprés le début de l'éruption, une deuxiéme coulée a atteint l'océan. Située du côté de Saint Philippe, elle est visible dés l'arrivée dans les rampes du Grand Brûlé, du côté du Tremblet.

une deuxiéme coulée atteint la mer

En continuant quelques kilométres plus au sud, on parvient au barrage dressé par les forces de l'odre: arrêt obligatoire, stationnement sur le bord de la route, et aprés une marche d'environ 1 km, on atteint enfin la deuxiéme coulée. Il s'agit d'un long ruban, assez lisse, trés sombre avec des reflets argentés, s'étalant en travers de la RN2 sur une largeur d'environ 200 métres pour une hauteur de quelques métres, parcouru en son milieu par un véritable torrent de lave trés fluide qui dévale à une étonnante vitesse les flancs du volcan et se deverse quelques centaines de métres plus bas dans l'océan, formant un gigantesque nuage de vapeur.
La chaleur qui se dégage encore aux abords immédiats de la coulée, les odeurs de brûlé et de soufre, les craquements de la végétation qui se consume et disparait, les explosions que l'on perçoit parfois au loin, l'immense panache de vapeur qui se dégage au dessus des têtes ... c'est vraiment un spectacle grandiose.

une deuxiéme coulée atteint la mer

Maj du 04/09/2004: fin de l'éruption
Aprés 21 jours d'une spectaculaire activité, l'éruption s'est achevée le 02/04/2004 à 19h15 précise.

Maj du 25/09/2004
L'éruption ne s'est en fait jamais réellement interrompue, tout au plus a-t-elle connue une bréve accalmie le 04 septembre. Depuis lors, l'activité reste faible mais stable et entre aujourd'hui dans sa 7° semaine. Des coulées sont parfois visibles sur les hauteurs du flanc est du volcan lorsque la météo le permet.

Fin de l'éruption
Cette éruption, débutée le 13/08/04, a pendant 2 mois été marquée par des événements spectaculaires, avant de s'achever dans la plus grande discrétion le 25/10/04.

Plus d'informations sur la coulée du 13/08/2004

Lundi 9 Août 2004

Weapon of maize destruction - LSZ

Bush a trouvé les armes de destruction massive

Ceci est un épis de maïs, un épis de maïs américain.

C'est le genre d'épis de maïs dont l'Amérique peut être fiére.

C'est le genre d'épis de maïs que j'aimerais être si j'étais un épis de maïs.

Mais ce n'est pas simplement un épis de maïs.

Cet épis de maïs, placé entre de mauvaises mains, peut être une arme de destruction massive.

Un peu d'huile et de chaleur et *BOUM*, celà explose ...



(via J-Walk Blog)

Lundi 2 Août 2004

Etude memetique dans la blogophére - LSZ

L'expérience

Cet article est une expérience initiée par Minding the Planet visant à apprécier comment un mème représenté par cet article se propage dans la blogosphére. L'article original dont est issue cette expérience se trouve sur Minding the Planet. Les résultats et commentaires y apparaitront ultérieurement. Cette expérience permettra peut être de mettre en évidence les ressorts de communication dans les blogs. Pour faciliter la recherche sur Google, un GUID
a été défini pour cette expérience:
as098398298250swg
9e98929872525389t
9987898tq98wteqtg
aq6201

"This posting is a community experiment started by Minding the Planet to see how a meme represented by a blog posting spreads across blogspace, physical space and time. It will help to show how ideas travel across blogs in space and time and how blogs are connected. It may also help to show which blogs are most influential in the propagation of memes. The original posting for this experiment is located at: Minding the Planet; results and commentary will appear there in the future.

Please join the test by adding your blog (see instructions, below) and inviting your friends to participate — the more the better. The data from this test will be public and open; others may use it to visualize and study the connectedness of blogspace and the propagation of memes across blogs.

The GUID for this experiment is:
as098398298250swg9e98929872525389t9987898tq98wteqtgaq62010920352598gawst
(this GUID enables anyone to easily search Google for all results of this experiment). Anyone is free to analyze the data of this experiment. Please publicize your analysis of the data, and/or any comments by adding comments onto the original post at Minding the Planet; Note: it would be interesting to see a geographic map or a temporal animation, as well as a social network map of the propagation of this meme.

INSTRUCTIONS

To add your blog to this experiment, copy this entire posting to your blog, and fill out the info below, substituting your own information in your posting, where appropriate.

(Note: Replace the answers below with your own answers)


1. I found this experiment at URL: http://blog.outer-court.com/index.html
2. I found it via “Newsreader Software” or “Browsing or Searching the Web” or “An E-Mail Message”: Browsing the Web
3. I posted this experiment at URL: http://lionel.suz.free.fr/blog/&entry=1091469147
4. I posted this on date (day, month, year): 02 August 2004
5. I posted this at time (24 hour time): 21:52
6. My posting location is (city, state, country): Saint Pierre , Reunion Island

OPTIONAL SURVEY FIELDS (Replace the answers below with your own answers):
1. My blog is hosted by: -
2. My age is: -
3. My gender is: -
4. My occupation is: -
5. I use the following RSS/Atom reader software: -
6. I use the following software to post to my blog: -
7. I have been blogging since (day, month, year): -
8. My web browser is: -
9. My operating system is: -"
Le piton des neiges il y a 1 an - LSZ

le piton des neiges sous la neige

Il y a un an jour pour jour, les sommets de La Réunion se recouvraient d'une authentique et historique couche de neige. Jamais le plus haut sommet de l'île n'avait si bien porté son nom.
De mémoire d'homme, c'était même la premiére fois que l'on pouvait observé autant de neige à La Réunion.
C'est Noël titrait le JIR dans son édition du lendemain.
Et il y avait en effet un peu de la magie de Noël dans la maniére dont ces inedites chutes de neiges avaient modifié l'aspect de ces sombres paysages basaltiques.

Dimanche 25 Juillet 2004

Nous payons trop d'impôts - LSZ

Nous payons tous des impôts (même les contribuables qui sont dits non imposables), celà pour financer les dépenses de l'Etat. En 2004, le poids de ces dépenses atteindra 53.9 % du PIB.

<sophisme>
Par conséquent, quand nous gagnons 100 euros, 53,9 euros atterrissent directement dans les caisses de l'Etat. Dit autrement, celà signifie que du 1er janvier au 15 juillet inclus, soit 197 jours par an, nous travaillons pour l'Etat, et rien que pour lui.
</sophisme>

D'où l'idée de célébrer le jour de la libération fiscale

sophisme: Argument, raisonnement qui apparaît comme très rigoureux et très logique, mais qui en réalité est faux, malgré une apparence de vérité.

Jeudi 22 Juillet 2004

Menace sur la barriére de corail - LSZ

échouage du Créole le 20/07/2004
A la Réunion comme ailleurs dans le monde, les récifs coralliens sont menacés de disparition. Les chiffres sont sans appel: 10 % des récifs coralliens de la planète sont d'ores et déjà morts, 30 % d'entre eux sont condamnés, 60 % sont menacés de disparaître dans les années à venir. Selon certains spécialistes, le corail ne passera pas le siècle , situation d'autant plus préoccupante que l'on sait qu'il faut 100 millions d'années à cette étonnante créature, mi-animale mi-minérale, pour se réimplanter après sa destruction totale.
Sous l'effet de stress divers tels que la pollution, l'activité humaine, mais surtout les changements climatiques et l'augmentation de la température, les coraux expulsent leur hôte symbiotique, la zooxanthelle. Privés de cette algue microscopique, ils perdent alors leur source d'énergie et leur pigmentation : ils blanchissent et meurent rapidement. Les lagons réunionnais regorgent aujourd'hui de coraux blancs. Avec la mort des coraux, c'est tout un ecosystéme qui disparait, plus riche encore que la forêt tropicale. Les scientifiques estiment que prés d'un million d'espéces (poissons, éponges, anémones, étoiles de mer, méduses ...) dépendent directement du corail et ne peuvent pas vivre sans lui.

Cet ecosystéme est essentiel pour l'homme:

  • Par le nombre considérable de poissons qui y vivent, il constitue une reserve alimentaire essentielle pour prés de ½ milliard d'êtres humains.

  • Ils constituent un véritable rempart côtier contre l'action destructrice des océans, sans lequel de nombreuses îles seraient rapidement submergées par les eaux.

  • Il fournit des éléments pour l'industrie pharmaceutique, dont certains tel l'AZT (fabriqué à partir d'une éponge corallienne des Caraïbes) contribue à améliorer la vie des millions de personnes infectées par le VIH, tandis que d'autres ouvrent des perspectives sur un incroyable développement potentiel de nouvelles molécules

Quand le corail se meurt, c'est donc bien plus qu'un simple cailloux qui menace de disparaitre à jamais.

Le 20/07, par une belle nuit et une mer calme, le Créole, superbe 12 mètres en alu, quitte le port de la Pointe-des-Galets, cap sur le sud de l'île, pour une partie de pêche nocturne. Les pilotes, sans doute un peu las, s'endorment, et laissent s'échouer leur bateau sur la barriére de corail de la plage de Saint-Leu. En un instant, prés de 30 mètres carrés de corail sont détruit (*). Le déséchouage, réalisé le lendemain aprés-midi accentuera encore les dégât. Devant ce véritable saccage, le propriétaire du bateau est inquiet:
"Le Créole a beaucoup tapé sur son bâbord, toute la matinée et encore pendant qu'on l'arrachait à la barrière. Sa coque doit être très abîmée de ce côté. Elle pourrait dans un grand creux s'ouvrir comme une boîte de conserve. La refaire coûterait une fortune, que je ne possède pas. J'ai bien peur que cet excellent bateau ne reparte jamais en mer"

(*) : la vitesse de croissance d'une branche de corail étant d'environ 3 mm par an, il faudra donc plusieurs milliers d'années pour reconstituer ce qui a été détruit en quelques secondes.
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